Me revoilà chaussée de sabots suédois, un panier en osier rempli de baies d'églantier (encore!) dans une main, louchant sur une grosse marmite de soupe fumante. Oui, enfin presque. Après cette premiere cueillette sauvage suivie de tartines sucrées-acidulées et d'une infusion maison, je vous emmène en Suède pour préparer ce fameux cynorhodon d'une autre façon. C'est en faisant de l'éco-volontariat au fin fond des bois suédois que Björn évoque cette fameuse soupe d'églantine, très populaire particulièrement auprès des grands-mères, nommée nyponsoppa (non, non, ce n'est pas un bouillon japonais). Agrémentée d'une crème vegan ou d'une boule de glace, elle se déguste lors des longues soirées d'hiver à la lueur des nombreuses bougies présentes dans tout foyer suédois. Mais c'est à la maison, au pays du béret et de la baguette, plus précisément dans la région des mirabelles et exactement où l'on fabrique les bergamotes de Nancy, bien loin des forêts enneigées et des lacs glacés que j'ai mijoté ces baies d'églantier. D'habitude j'accompagne les recettes racontées par des photographies prises sur le moment et aux alentours, comme Hiromi entre la plage et la forêt, Kunihiko et les cerisiers en fleurs au château d'Okayama ou bien le célèbre jardin japonais Kōrakuen, mais aujourd'hui je déroge à la règle et poste quelques photos de septembre dernier dans la campagne suédoise, bien loin du réseau électrique, de l'eau courante, des hypermarchés et des monocultures.



Nyponsoppa - soupe suédoise aux églantines (pour 3 petits bols ou 2 grands gourmands)

- une tasse (25 cl) de cynorhodons séchés (frais, c'est très bien aussi, il faut juste augmenter la quantité à 35 cl)
- deux tasses et demie d'eau (60 cl) 
- une cuillère à soupe de fécule de pommes de terre (ou de mais) 
- deux ou trois cuillères à soupe de miel 
- une petite poignée de noisettes 
- deux cuillères à soupe de flocons d'avoine (facultatif, peut être remplacé par de la glace vanille) 
- une gousse de vanille ou de une cuillère à thé bombée de poudre de vanille si vous êtes aussi fauchés que moi (facultatif, seulement si vous choisissez de faire la crème d'avoine)


Commencez par laver les cynorhodons puis faites-les tremper dans l'eau pendant quelques heures. Crème glacée ou crème d'avoine vegan, il faut choisir votre camp. Si vous avez opté pour le plus léger, mixez les flocons d'avoine dans 10 cl d'eau, ajoutez la vanille, mélangez et laissez reposer une petite heure. La céréale et le liquide vont donner naissance à une texture épaisse, onctueuse, presque élastique. Faites cuire les églantines dans la même eau, et dès que celle-ci commence à frémir, laissez le tout à feu doux pendant 10 à 20 minutes. Pendant ce temps, concassez les noisettes. Lorsque les fruits sont cuits, réservez l'eau de cuisson et équeutez les petites baies (c'est plus rapide maintenant, une fois qu'elles sont ramollies). Passez les cynorhodons au moulin à légume, en choisissant la grille avec les trous les plus fins pour ne pas laisser passer le fameux poil à gratter (l'option mixeur et tamis est également envisageable). Si besoin, filtrez une seconde fois la purée avec un tamis. Remettez sur feu moyen la purée avec l'eau de cuisson, la fécule de pommes de terre diluée dans un peu d'eau, puis le miel, mélangez. Après 5 petites minutes, la soupe est prête à être servie un peu plus que tiède moins que brûlante, que ce soit avec une boule de glace ou une cuillère de crème d'avoine dans des notes vanillées, le tout parsemé de noisettes croquantes. Dégustez devant la cheminée ou en regardant la neige tomber.

J'espère que cet article de cuisine sauvage mêlée au voyage vous a plu, vous voilà prêts à affronter les grands froids et à accueillir le joli mois de février... d'ailleurs je vous souhaite (très, très en retard, veuillez m'excuser....) une belle année et une bonne santé.

Nyponsoppa au coeur de la forêt suédoise

mercredi 27 janvier 2016


Me revoilà chaussée de sabots suédois, un panier en osier rempli de baies d'églantier (encore!) dans une main, louchant sur une grosse marmite de soupe fumante. Oui, enfin presque. Après cette premiere cueillette sauvage suivie de tartines sucrées-acidulées et d'une infusion maison, je vous emmène en Suède pour préparer ce fameux cynorhodon d'une autre façon. C'est en faisant de l'éco-volontariat au fin fond des bois suédois que Björn évoque cette fameuse soupe d'églantine, très populaire particulièrement auprès des grands-mères, nommée nyponsoppa (non, non, ce n'est pas un bouillon japonais). Agrémentée d'une crème vegan ou d'une boule de glace, elle se déguste lors des longues soirées d'hiver à la lueur des nombreuses bougies présentes dans tout foyer suédois. Mais c'est à la maison, au pays du béret et de la baguette, plus précisément dans la région des mirabelles et exactement où l'on fabrique les bergamotes de Nancy, bien loin des forêts enneigées et des lacs glacés que j'ai mijoté ces baies d'églantier. D'habitude j'accompagne les recettes racontées par des photographies prises sur le moment et aux alentours, comme Hiromi entre la plage et la forêt, Kunihiko et les cerisiers en fleurs au château d'Okayama ou bien le célèbre jardin japonais Kōrakuen, mais aujourd'hui je déroge à la règle et poste quelques photos de septembre dernier dans la campagne suédoise, bien loin du réseau électrique, de l'eau courante, des hypermarchés et des monocultures.



Nyponsoppa - soupe suédoise aux églantines (pour 3 petits bols ou 2 grands gourmands)

- une tasse (25 cl) de cynorhodons séchés (frais, c'est très bien aussi, il faut juste augmenter la quantité à 35 cl)
- deux tasses et demie d'eau (60 cl) 
- une cuillère à soupe de fécule de pommes de terre (ou de mais) 
- deux ou trois cuillères à soupe de miel 
- une petite poignée de noisettes 
- deux cuillères à soupe de flocons d'avoine (facultatif, peut être remplacé par de la glace vanille) 
- une gousse de vanille ou de une cuillère à thé bombée de poudre de vanille si vous êtes aussi fauchés que moi (facultatif, seulement si vous choisissez de faire la crème d'avoine)


Commencez par laver les cynorhodons puis faites-les tremper dans l'eau pendant quelques heures. Crème glacée ou crème d'avoine vegan, il faut choisir votre camp. Si vous avez opté pour le plus léger, mixez les flocons d'avoine dans 10 cl d'eau, ajoutez la vanille, mélangez et laissez reposer une petite heure. La céréale et le liquide vont donner naissance à une texture épaisse, onctueuse, presque élastique. Faites cuire les églantines dans la même eau, et dès que celle-ci commence à frémir, laissez le tout à feu doux pendant 10 à 20 minutes. Pendant ce temps, concassez les noisettes. Lorsque les fruits sont cuits, réservez l'eau de cuisson et équeutez les petites baies (c'est plus rapide maintenant, une fois qu'elles sont ramollies). Passez les cynorhodons au moulin à légume, en choisissant la grille avec les trous les plus fins pour ne pas laisser passer le fameux poil à gratter (l'option mixeur et tamis est également envisageable). Si besoin, filtrez une seconde fois la purée avec un tamis. Remettez sur feu moyen la purée avec l'eau de cuisson, la fécule de pommes de terre diluée dans un peu d'eau, puis le miel, mélangez. Après 5 petites minutes, la soupe est prête à être servie un peu plus que tiède moins que brûlante, que ce soit avec une boule de glace ou une cuillère de crème d'avoine dans des notes vanillées, le tout parsemé de noisettes croquantes. Dégustez devant la cheminée ou en regardant la neige tomber.

J'espère que cet article de cuisine sauvage mêlée au voyage vous a plu, vous voilà prêts à affronter les grands froids et à accueillir le joli mois de février... d'ailleurs je vous souhaite (très, très en retard, veuillez m'excuser....) une belle année et une bonne santé.

Le mois de décembre touche à sa fin sans s'être vêtu de son manteau blanc, les températures sont incroyablement douces. Il y a quelques semaines, en banlieue parisienne, je suis tombée nez à nez avec un cerisier en fleurs, exactement en même temps que la COP21. J'étais partagée entre un sentiment d''admiration pour cet arbre qui grandit et donne vie au milieu de tout ce béton et de cette pollution, et un sentiment de tristesse. Triste que notre planète soit fragilisée et déstabilisée par la faute des Hommes qui ont perdu la raison pour une croissance infinie alors que la Terre a des ressources limitées. Arrêtons de détruire ses forêts et leurs habitants, arrêtons de l'exploiter, arrêtons de l'empoisonner aux pesticides et engrais chimiques, prenons soin d'elle, observons comme elle est belle. J'aime beaucoup comment nous rappelle Pierre Rhabi que  "La Terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la Terre".

Cette année a été plutôt grise... et si nous rendons 2016 plus verte, plus solidaire, plus durable, plus heureuse? Et si nous commençons par fleurir nos balcons, à enfourcher notre bicyclette, à partager notre voiture avec nos voisins? Nous sommes tous maîtres de demain et chaque pas nous fait avancer, aussi petit soit-il. C'est pourquoi j'aimerai apporter une petite touche de verdure à ce blog, vous parler de cuisine végétale et de local, même si j'ai posté beaucoup de recettes avec de la viande et du poisson, je ne prône pas leur consommation, j'ai réduit la quantité de "produits" d'origine animale de mon alimentation depuis plusieurs années, et ça fait plus de six mois que je n'achète plus, ne cuisine plus, ne mange plus de viande et de poisson... sauf quand je suis invitée, j'ai du mal à respecter mes principes. Je me considère donc une omnivore à tendance végétarienne. Et j'aimerai montrer qu'il n'y a pas que le lait de vache et le magret de canard qui sont agréables au palais (moins pour notre bien-être et celui de la planète) et vous donner goût aux légumes moches, aux oubliés, aux mauvaises herbes et aux plantes sauvages.


Commençons par les baies d'églantier, d'un beau rouge à croquer, poussant sur les rosiers sauvages (rosa canina), également connus sous le nom un peu savant de "cynorrhodons" ou du plus culotté "gratte-cul". La cueillette se fait généralement de septembre à décembre (au moins jusqu'à janvier pour cette année), enfilez vos gants car les rosiers ça pique, vous serez bien récompensés par leur vitamine C (vingt fois plus que les agrumes), parfait pour échapper aux vilains rhumes de ce début d'hiver. La nature est bien faite, ce qui pousse autour de nous est exactement ce dont nous avons besoin et les végétaux dotés des meilleurs nutriments veillent à notre bonne santé, au rythme des saisons. Les cynorrhodons contiennent également de la bêta-carotène (vertus anti-oxydantes et anti-cancéreuses), des vitamines B et PP (bons pour la peau, les muscles, améliorent le système immunitaire... entre autres!), de sels minéraux et d'acides organiques. Il nous veulent que du bien à condition de bien enlever les "pépins" (qui sont en fait les fruits) et les petits poils blancs tout autour qui portent très bien leur nom de poil à gratter! Je dois vous avouer que c'est un travail assez long, très slow food, mais après tout... plus c'est long plus c'est bon!

Voici deux recettes pour accommoder ces baies sucrées et se réveiller avec des petits-déjeuners vitaminés! Commençons par la plus traditionnelle, la fameuse confiture d'églantines.

Confiture d'églantines

- 500 grammes d'églantines (après avoir enlevé les "pépins" et les poils blancs)
- 500 grammes de sucre brun
- 1 citron
- 1 pomme (les pommes sauvages c'est très bien aussi... cueillez-en même 2!)

Après avoir vaillamment cueilli les cynorrhodons, lavez-les et enlevez les deux extrémités et surtout, surtout le poil à gratter. Armez-vous de patience, montez le son (du bon). Plus on est nombreux, plus c'est joyeux. Mettez le tout à bouillir (dans une casserole en cuivre si possible) avec la pomme coupée en morceaux (on laisse la peau si c'est bio) 5 ou 15 minutes, tout dépend si les fruits sont durs ou mous (après les premières gelées). Réservez l'eau de cuisson pour un smoothie ou une infusion. Mixez les fruits et remettez à cuire avec le même poids en sucre non raffiné et le jus d'un citron (gardez les zestes pour un gâteau, une vinaigrette... ou une tisane, encore et toujours!) entre 15 et 30 minutes, selon la texture souhaitée. Versez dans des bocaux bien propres préalablement stérilisés dans de l'eau bouillante durant 5 minutes. Fermez-les pots puis retournez-les. Vous pouvez déguster cette confiture à l'ancienne, sur des tartines beurrés, dans du riz au lait, avec des petits sablés, à la petite cuillère ou sur la bouche de votre amoureux -se. Vous avez vu comme la confiture a un autre goût quand on cueille patiemment les fruits et qu'on les cuisine avec amour? Et je trouve que c'est encore plus exquis quand les fruits sont sauvages, merci notre Terre-mère!


Cette deuxième recette est bien plus facile et sûrement plus adaptée à ceux qui courent partout, vous pourrez profiter des bienfaits des baies d'églantier, en vous servant une tasse fumante et bienfaisante.

Tisane d'Églantine

-  une quinzaine de cynorrhodons séchés
- les zestes d'un citron (toujours garder les zestes de citron, les faire sécher et les garder dans un sac en papier)
- deux petites branches de romarin
- un litre d'eau

Rassurez-vous, ravissez-vous, après avoir lavé les cynorrhodons, il suffit de les laisser sécher pas loin de la cheminée ou d'un radiateur pendant une bonne semaine et c'est tout!
Bon, je vous avoue que sur la photo, c'était juste quelques baies d'églantier infusées dans de l'eau bouillante... et comment dire ça n'avait aucun goût! Le deuxième essai fut plus concluant. Faire bouillir les églantines, les zestes de citron, le romarin pendant 5 minutes puis laisser infuser pendant au moins 10 minutes. Hop, avec ça fini les coups de mou! Et puis, soyez imaginatifs selon les aromatiques qui poussent sur votre rebord de fenêtre, les "mauvaises herbes" que vous rencontrez au cours d'une promenade dans la forêt et même les épices oubliées au fond du placard.


J'espère que ces recettes vous ont plu et que ce petit tournant ne va pas vous faire prendre la fuite, ça faisait déjà un bout de temps que cette idée me trottait dans la tête. Et c'est pas pour autant que je délaisserai les food portraits, j'ai ouvert ce blog pour les rencontres, les voyages, la cuisine et le partage.

Ah et j'oubliais, on peut même faire des colliers avec ces petites baies, photo à l'appui sur mon compte Instagram. "On ne joue pas avec la nourriture" mais nourrissons-nous avec plaisir!

Projets et baies d'églantier

lundi 28 décembre 2015


Le mois de décembre touche à sa fin sans s'être vêtu de son manteau blanc, les températures sont incroyablement douces. Il y a quelques semaines, en banlieue parisienne, je suis tombée nez à nez avec un cerisier en fleurs, exactement en même temps que la COP21. J'étais partagée entre un sentiment d''admiration pour cet arbre qui grandit et donne vie au milieu de tout ce béton et de cette pollution, et un sentiment de tristesse. Triste que notre planète soit fragilisée et déstabilisée par la faute des Hommes qui ont perdu la raison pour une croissance infinie alors que la Terre a des ressources limitées. Arrêtons de détruire ses forêts et leurs habitants, arrêtons de l'exploiter, arrêtons de l'empoisonner aux pesticides et engrais chimiques, prenons soin d'elle, observons comme elle est belle. J'aime beaucoup comment nous rappelle Pierre Rhabi que  "La Terre ne nous appartient pas, nous appartenons à la Terre".

Cette année a été plutôt grise... et si nous rendons 2016 plus verte, plus solidaire, plus durable, plus heureuse? Et si nous commençons par fleurir nos balcons, à enfourcher notre bicyclette, à partager notre voiture avec nos voisins? Nous sommes tous maîtres de demain et chaque pas nous fait avancer, aussi petit soit-il. C'est pourquoi j'aimerai apporter une petite touche de verdure à ce blog, vous parler de cuisine végétale et de local, même si j'ai posté beaucoup de recettes avec de la viande et du poisson, je ne prône pas leur consommation, j'ai réduit la quantité de "produits" d'origine animale de mon alimentation depuis plusieurs années, et ça fait plus de six mois que je n'achète plus, ne cuisine plus, ne mange plus de viande et de poisson... sauf quand je suis invitée, j'ai du mal à respecter mes principes. Je me considère donc une omnivore à tendance végétarienne. Et j'aimerai montrer qu'il n'y a pas que le lait de vache et le magret de canard qui sont agréables au palais (moins pour notre bien-être et celui de la planète) et vous donner goût aux légumes moches, aux oubliés, aux mauvaises herbes et aux plantes sauvages.


Commençons par les baies d'églantier, d'un beau rouge à croquer, poussant sur les rosiers sauvages (rosa canina), également connus sous le nom un peu savant de "cynorrhodons" ou du plus culotté "gratte-cul". La cueillette se fait généralement de septembre à décembre (au moins jusqu'à janvier pour cette année), enfilez vos gants car les rosiers ça pique, vous serez bien récompensés par leur vitamine C (vingt fois plus que les agrumes), parfait pour échapper aux vilains rhumes de ce début d'hiver. La nature est bien faite, ce qui pousse autour de nous est exactement ce dont nous avons besoin et les végétaux dotés des meilleurs nutriments veillent à notre bonne santé, au rythme des saisons. Les cynorrhodons contiennent également de la bêta-carotène (vertus anti-oxydantes et anti-cancéreuses), des vitamines B et PP (bons pour la peau, les muscles, améliorent le système immunitaire... entre autres!), de sels minéraux et d'acides organiques. Il nous veulent que du bien à condition de bien enlever les "pépins" (qui sont en fait les fruits) et les petits poils blancs tout autour qui portent très bien leur nom de poil à gratter! Je dois vous avouer que c'est un travail assez long, très slow food, mais après tout... plus c'est long plus c'est bon!

Voici deux recettes pour accommoder ces baies sucrées et se réveiller avec des petits-déjeuners vitaminés! Commençons par la plus traditionnelle, la fameuse confiture d'églantines.

Confiture d'églantines

- 500 grammes d'églantines (après avoir enlevé les "pépins" et les poils blancs)
- 500 grammes de sucre brun
- 1 citron
- 1 pomme (les pommes sauvages c'est très bien aussi... cueillez-en même 2!)

Après avoir vaillamment cueilli les cynorrhodons, lavez-les et enlevez les deux extrémités et surtout, surtout le poil à gratter. Armez-vous de patience, montez le son (du bon). Plus on est nombreux, plus c'est joyeux. Mettez le tout à bouillir (dans une casserole en cuivre si possible) avec la pomme coupée en morceaux (on laisse la peau si c'est bio) 5 ou 15 minutes, tout dépend si les fruits sont durs ou mous (après les premières gelées). Réservez l'eau de cuisson pour un smoothie ou une infusion. Mixez les fruits et remettez à cuire avec le même poids en sucre non raffiné et le jus d'un citron (gardez les zestes pour un gâteau, une vinaigrette... ou une tisane, encore et toujours!) entre 15 et 30 minutes, selon la texture souhaitée. Versez dans des bocaux bien propres préalablement stérilisés dans de l'eau bouillante durant 5 minutes. Fermez-les pots puis retournez-les. Vous pouvez déguster cette confiture à l'ancienne, sur des tartines beurrés, dans du riz au lait, avec des petits sablés, à la petite cuillère ou sur la bouche de votre amoureux -se. Vous avez vu comme la confiture a un autre goût quand on cueille patiemment les fruits et qu'on les cuisine avec amour? Et je trouve que c'est encore plus exquis quand les fruits sont sauvages, merci notre Terre-mère!


Cette deuxième recette est bien plus facile et sûrement plus adaptée à ceux qui courent partout, vous pourrez profiter des bienfaits des baies d'églantier, en vous servant une tasse fumante et bienfaisante.

Tisane d'Églantine

-  une quinzaine de cynorrhodons séchés
- les zestes d'un citron (toujours garder les zestes de citron, les faire sécher et les garder dans un sac en papier)
- deux petites branches de romarin
- un litre d'eau

Rassurez-vous, ravissez-vous, après avoir lavé les cynorrhodons, il suffit de les laisser sécher pas loin de la cheminée ou d'un radiateur pendant une bonne semaine et c'est tout!
Bon, je vous avoue que sur la photo, c'était juste quelques baies d'églantier infusées dans de l'eau bouillante... et comment dire ça n'avait aucun goût! Le deuxième essai fut plus concluant. Faire bouillir les églantines, les zestes de citron, le romarin pendant 5 minutes puis laisser infuser pendant au moins 10 minutes. Hop, avec ça fini les coups de mou! Et puis, soyez imaginatifs selon les aromatiques qui poussent sur votre rebord de fenêtre, les "mauvaises herbes" que vous rencontrez au cours d'une promenade dans la forêt et même les épices oubliées au fond du placard.


J'espère que ces recettes vous ont plu et que ce petit tournant ne va pas vous faire prendre la fuite, ça faisait déjà un bout de temps que cette idée me trottait dans la tête. Et c'est pas pour autant que je délaisserai les food portraits, j'ai ouvert ce blog pour les rencontres, les voyages, la cuisine et le partage.

Ah et j'oubliais, on peut même faire des colliers avec ces petites baies, photo à l'appui sur mon compte Instagram. "On ne joue pas avec la nourriture" mais nourrissons-nous avec plaisir!

Avant de rencontrer Anna en Suède, j'ai d'abord goûté à son velouté de patates douces, et oh il portait bien son nom, entre la douceur sucrée des patates, l'onctuosité du lait de coco, la fraicheur de la coriandre et la petite touche de paprika qui vient pimenter le tout, mmh quelle volupté ! Et puis Anna arrive, son visage est aussi doux que sa voix, le rythme des mots sortants de sa bouche est aussi paisible que ses gestes sont lents et gracieux ; elle respire la sérénité. Il faut dire qu'elle sort tout juste d'un sauna au bord d'un lac et au beau milieu d'une forêt suédoise, où l'on peut transpirer en toute tranquillité, puis faire un petit plongeon dans l'eau glacée bien fraiche, avant de retrouver la chaleur entre les murs de la petite cabane rouge chauffée au bois, et ainsi de suite à volonté. Ici il n'y a pas de voisin (enfin si des cygnes, des renards et des élans… bien cachés dans la forêt), pas de lumière artificielle, pas de pollution sonore, c'est l'endroit parfait pour observer les étoiles tout en écoutant le chant des oiseaux, des arbres, du vent, de l'eau. D'ailleurs, les suédois sont en général beaucoup plus connectés à la nature que nous les français, tous connaissent les petits noms des arbres et des oiseaux, célèbrent le solstice d'été et des jardins partagés fleurissent entre les immeubles. Anna vit en appartement, mais ça ne l'empêche pas d'aller aux champignons dans les forêts environnantes, de faire pousser de la stevia, du curcuma, un citronnier et plein d'autres jolies plantes en pots. Non seulement elle a la main verte mais en plus elle concocte des plats aussi bons pour le palais que pour la santé. Son domaine de prédilection est la raw food, vous savez ce nouveau régime alimentaire qui rassemble californiennes à tapis de yoga et bobos des bois, à base de green juices et de salades parsemées de graines de chia (je me moque mais je suis la première à mettre du kale ou du brocolis dans les smoothies et la randonnée + camping sauvage est une des mes activités favorites). Bon je sens qu'il y a quelques sceptiques parmi vous qui se disent « mais manger cru et tout le tralala, ça veut dire fini les fondants au chocolat et autres tartes meringuées ! », je vous rassure tout de suite le raw food ne bannit pas les plaisirs sucrés (juste les sucres raffinés) à vous les truffles crues aux dattes, amandes, cacao et noix de coco ! J'en ai goûté pour la première fois dans un bio et beau café entouré d'un potager et d'arbres fruitiers, là où Anna est nommée raw chef. Mais c'est bien dans son home sweet home que j'ai été accueillie avec ses amis et son petit bout de chou. Et une fois n'est pas coutume, je n'ai pas du tout suivi l'élaboration des mets concoctés, Anna avait déjà tout préparé mais m'a gentiment donné la recette de son dessert cacaoté et acidulé, à avaler tout cru !


Je suis très attachée aux coulisses d'un plat qui fait son entrée en scène; encore plus que les saveurs et textures du met joliment dressé sur une assiette, c'est son créateur qui m'intéresse, ses rêves, son histoire, sa façon de travailler. Vous vous doutez bien que si je choisis de partager ici cette rencontre culinaire, ce n'est pas pour rien. Anna est passionnée par son métier, elle parle des ses petites créations avec des étoiles plein les yeux. Autant que le goût, elle privilégie la santé, la sienne, celle de ses proches et celle de la planète, les ingrédients peuvent venir des jardins voisins, d'autres sont plus exotiques mais toujours biologiques. Ici, le côté sucré et acidulé du citron vert se marie parfaitement avec l'amertume du cacao et la douceur de l'avocat. Pas de beurre, pas d'oeuf, pas de sucre blanc et encore moins de farine de blé, cette recette conviendra autant aux végétaliens qu'aux intélorants au gluten ou juste à ceux qui veulent prendre soin d'eux. Et c'est pas parce que c'est sain que ça manque de saveur, loin de là, fondant et croquant, ce gâteau est un véritable cadeau pour les papilles, l'extase dès la première bouchée, j'en ai ramené une part pour le lendemain et je ne m'en remettais toujours pas (quoi ? qui a dit que j'étais un estomac sur pattes?). Bon, assez bavardé, voici la recette.


Raw cake au cacao et citron vert

La recette est décomposée en 3 couches, 3 étapes, avec un topping en bonus (et c'est tellement bon que j'en perds mon français).

La base, première couche :
- 1,5 dL amandes entières (les faire tremper une nuit dans l'eau, elles sont beaucoup plus digestes et donnent tout le meilleur d'elles-mêmes)
- 1 dL de noix de coco râpée
- 14 dattes medjool (ce sont les meilleures, très tendres et sucrées, mais si comme moi vous êtes fauchés, une petite vingtaine de dattes deglet à réhydrater dans un peu d'eau fera l'affaire)
- 1,5 dL de cacao cru (sans sucres)
Mixons bien les amandes puis les dattes, ajoutons le cacao et la noix de coco et mélangeons bien. Étalons ce mélange au fond d'un moule démoulable, bien tasser et placer au congélateur une heure ou deux.

La cajo(u)lée, couche intermédiaire:
- 4 avocats bien mûrs
- 1,5 dL de cacao cru
- le jus et le zeste d'un citron vert
- 2 gousses de vanille
- 1 dL de sirop d'agave
- 1 dL de beurre de noix de cajou (laissons tremper des noix de cajou une nuit, puis mixons les jusqu'à obtenir un mélange soyeux)
Mixons les avocats puis le beurre de noix cajou, le sirop d'agave, le cacao, la vanille et enfin le jus et zestes de citron vert. Le mélange doit être très onctueux. Etalons et lissons le mélange au dessus de la première couche, avant de replacer le moule au congélateur, au moins 12 heures.

La croquante, couche supérieure:
- 120 g d'huile de coco
- 1,5 dL de cacao cru
- une pincée de sel
- 1,25 dL de sirop d'agave
- 1 citron vert, le jus et le zeste
- 1 dL amandes
Mettons l'huile de coco dans un récipient, celui-ci dans un bol d'eau chaude (mais pas brûlante) pour qu'il devienne liquide, ajoutons les amandes (préalablement mixées longuement et réduites en purée), le sirop d'agave, le cacao, le jus et zeste de citron vert et le sel, mixons et mélangeons bien pour obtenir une mixture lisse et brillante et faisons couler le mélange au dessus des deux premières couches. La couche supérieure doit être bien lisse. Replaçons le tout au congélateur au moins 24 heures ou plusieurs semaines, très pratique quand on a des invités à l'improviste.

Topping :
- amandes concassés
- fèves de cacao non torréfiées
- noix de coco râpée
- fruits et fleurs de saison que nous pouvons ramasser lors de notre prochaine promenade (ici myrtilles, airelles et fleurs de trèfles)
Sortons le gâteau du congélateur une heure avant sa dégustation (en fonction de la température, il se déguste frais mais pas congelé). Faisons confiance à la nature et laissons parler notre créativité pour décorer l'entremet.

Vous l'avez remarqué, Anna est très consciencieuse des aliments qu'elle utilise, car en plus d'être chef elle a également un diplôme de nutritionniste. Les aliments santé ou la « super food » elle y connaît un rayon et ne se contente pas d'en acheter à l'épicerie bio du coin. C'est dans la fôret qu'elle va à la recherche de chaga, inonotus obliquus de son nom latin, ou encore le « don des Dieux » comme disent les Sibériens, un nom bien prometteur et une liste de nutriments à en faire pâlir n'importe quelle baie rouge. Ce champignon est très réputé pour combattre de nombreuses maladies et augmenter la longévité. J'ai eu la chance d'en voir un avec Björn (hej hej!) dans la forêt, il parasite les bouleaux et ressemble à du charbon de bois brûlé. Anna fait bouillir quelques morceaux de chaga séché et en fait un thé aussi foncé que riche en anti-oxydants. Une autre boisson aux milles et une vertus qu'elle concocte est le kombucha, obtenu par l'association d'une culture de bactéries, un gros champignon banc et visqueux qui grandit, grandit, grandit, de thé (ici à l'hibiscus) et de sucre roux. Après avoir laissé le tout fermenter dans les règles de l'art, vous obtiendrez une boisson acide (le goût se rapprochant un peu du vinaigre), sucrée (presque alcoolisée!), pétillante (naturellement) et excellente pour la santé (évidement!) notamment pour soigner les problèmes de digestion et de flore intestinale. Pourtant, ça ne ressemble en rien à un médicament, c'est coloré, c'est fruité, Anna y rajoute même du gingembre, des baies d'aronia ou des fraises des bois. Santé !

Grand cru avec Anna

jeudi 10 décembre 2015


Avant de rencontrer Anna en Suède, j'ai d'abord goûté à son velouté de patates douces, et oh il portait bien son nom, entre la douceur sucrée des patates, l'onctuosité du lait de coco, la fraicheur de la coriandre et la petite touche de paprika qui vient pimenter le tout, mmh quelle volupté ! Et puis Anna arrive, son visage est aussi doux que sa voix, le rythme des mots sortants de sa bouche est aussi paisible que ses gestes sont lents et gracieux ; elle respire la sérénité. Il faut dire qu'elle sort tout juste d'un sauna au bord d'un lac et au beau milieu d'une forêt suédoise, où l'on peut transpirer en toute tranquillité, puis faire un petit plongeon dans l'eau glacée bien fraiche, avant de retrouver la chaleur entre les murs de la petite cabane rouge chauffée au bois, et ainsi de suite à volonté. Ici il n'y a pas de voisin (enfin si des cygnes, des renards et des élans… bien cachés dans la forêt), pas de lumière artificielle, pas de pollution sonore, c'est l'endroit parfait pour observer les étoiles tout en écoutant le chant des oiseaux, des arbres, du vent, de l'eau. D'ailleurs, les suédois sont en général beaucoup plus connectés à la nature que nous les français, tous connaissent les petits noms des arbres et des oiseaux, célèbrent le solstice d'été et des jardins partagés fleurissent entre les immeubles. Anna vit en appartement, mais ça ne l'empêche pas d'aller aux champignons dans les forêts environnantes, de faire pousser de la stevia, du curcuma, un citronnier et plein d'autres jolies plantes en pots. Non seulement elle a la main verte mais en plus elle concocte des plats aussi bons pour le palais que pour la santé. Son domaine de prédilection est la raw food, vous savez ce nouveau régime alimentaire qui rassemble californiennes à tapis de yoga et bobos des bois, à base de green juices et de salades parsemées de graines de chia (je me moque mais je suis la première à mettre du kale ou du brocolis dans les smoothies et la randonnée + camping sauvage est une des mes activités favorites). Bon je sens qu'il y a quelques sceptiques parmi vous qui se disent « mais manger cru et tout le tralala, ça veut dire fini les fondants au chocolat et autres tartes meringuées ! », je vous rassure tout de suite le raw food ne bannit pas les plaisirs sucrés (juste les sucres raffinés) à vous les truffles crues aux dattes, amandes, cacao et noix de coco ! J'en ai goûté pour la première fois dans un bio et beau café entouré d'un potager et d'arbres fruitiers, là où Anna est nommée raw chef. Mais c'est bien dans son home sweet home que j'ai été accueillie avec ses amis et son petit bout de chou. Et une fois n'est pas coutume, je n'ai pas du tout suivi l'élaboration des mets concoctés, Anna avait déjà tout préparé mais m'a gentiment donné la recette de son dessert cacaoté et acidulé, à avaler tout cru !


Je suis très attachée aux coulisses d'un plat qui fait son entrée en scène; encore plus que les saveurs et textures du met joliment dressé sur une assiette, c'est son créateur qui m'intéresse, ses rêves, son histoire, sa façon de travailler. Vous vous doutez bien que si je choisis de partager ici cette rencontre culinaire, ce n'est pas pour rien. Anna est passionnée par son métier, elle parle des ses petites créations avec des étoiles plein les yeux. Autant que le goût, elle privilégie la santé, la sienne, celle de ses proches et celle de la planète, les ingrédients peuvent venir des jardins voisins, d'autres sont plus exotiques mais toujours biologiques. Ici, le côté sucré et acidulé du citron vert se marie parfaitement avec l'amertume du cacao et la douceur de l'avocat. Pas de beurre, pas d'oeuf, pas de sucre blanc et encore moins de farine de blé, cette recette conviendra autant aux végétaliens qu'aux intélorants au gluten ou juste à ceux qui veulent prendre soin d'eux. Et c'est pas parce que c'est sain que ça manque de saveur, loin de là, fondant et croquant, ce gâteau est un véritable cadeau pour les papilles, l'extase dès la première bouchée, j'en ai ramené une part pour le lendemain et je ne m'en remettais toujours pas (quoi ? qui a dit que j'étais un estomac sur pattes?). Bon, assez bavardé, voici la recette.


Raw cake au cacao et citron vert

La recette est décomposée en 3 couches, 3 étapes, avec un topping en bonus (et c'est tellement bon que j'en perds mon français).

La base, première couche :
- 1,5 dL amandes entières (les faire tremper une nuit dans l'eau, elles sont beaucoup plus digestes et donnent tout le meilleur d'elles-mêmes)
- 1 dL de noix de coco râpée
- 14 dattes medjool (ce sont les meilleures, très tendres et sucrées, mais si comme moi vous êtes fauchés, une petite vingtaine de dattes deglet à réhydrater dans un peu d'eau fera l'affaire)
- 1,5 dL de cacao cru (sans sucres)
Mixons bien les amandes puis les dattes, ajoutons le cacao et la noix de coco et mélangeons bien. Étalons ce mélange au fond d'un moule démoulable, bien tasser et placer au congélateur une heure ou deux.

La cajo(u)lée, couche intermédiaire:
- 4 avocats bien mûrs
- 1,5 dL de cacao cru
- le jus et le zeste d'un citron vert
- 2 gousses de vanille
- 1 dL de sirop d'agave
- 1 dL de beurre de noix de cajou (laissons tremper des noix de cajou une nuit, puis mixons les jusqu'à obtenir un mélange soyeux)
Mixons les avocats puis le beurre de noix cajou, le sirop d'agave, le cacao, la vanille et enfin le jus et zestes de citron vert. Le mélange doit être très onctueux. Etalons et lissons le mélange au dessus de la première couche, avant de replacer le moule au congélateur, au moins 12 heures.

La croquante, couche supérieure:
- 120 g d'huile de coco
- 1,5 dL de cacao cru
- une pincée de sel
- 1,25 dL de sirop d'agave
- 1 citron vert, le jus et le zeste
- 1 dL amandes
Mettons l'huile de coco dans un récipient, celui-ci dans un bol d'eau chaude (mais pas brûlante) pour qu'il devienne liquide, ajoutons les amandes (préalablement mixées longuement et réduites en purée), le sirop d'agave, le cacao, le jus et zeste de citron vert et le sel, mixons et mélangeons bien pour obtenir une mixture lisse et brillante et faisons couler le mélange au dessus des deux premières couches. La couche supérieure doit être bien lisse. Replaçons le tout au congélateur au moins 24 heures ou plusieurs semaines, très pratique quand on a des invités à l'improviste.

Topping :
- amandes concassés
- fèves de cacao non torréfiées
- noix de coco râpée
- fruits et fleurs de saison que nous pouvons ramasser lors de notre prochaine promenade (ici myrtilles, airelles et fleurs de trèfles)
Sortons le gâteau du congélateur une heure avant sa dégustation (en fonction de la température, il se déguste frais mais pas congelé). Faisons confiance à la nature et laissons parler notre créativité pour décorer l'entremet.

Vous l'avez remarqué, Anna est très consciencieuse des aliments qu'elle utilise, car en plus d'être chef elle a également un diplôme de nutritionniste. Les aliments santé ou la « super food » elle y connaît un rayon et ne se contente pas d'en acheter à l'épicerie bio du coin. C'est dans la fôret qu'elle va à la recherche de chaga, inonotus obliquus de son nom latin, ou encore le « don des Dieux » comme disent les Sibériens, un nom bien prometteur et une liste de nutriments à en faire pâlir n'importe quelle baie rouge. Ce champignon est très réputé pour combattre de nombreuses maladies et augmenter la longévité. J'ai eu la chance d'en voir un avec Björn (hej hej!) dans la forêt, il parasite les bouleaux et ressemble à du charbon de bois brûlé. Anna fait bouillir quelques morceaux de chaga séché et en fait un thé aussi foncé que riche en anti-oxydants. Une autre boisson aux milles et une vertus qu'elle concocte est le kombucha, obtenu par l'association d'une culture de bactéries, un gros champignon banc et visqueux qui grandit, grandit, grandit, de thé (ici à l'hibiscus) et de sucre roux. Après avoir laissé le tout fermenter dans les règles de l'art, vous obtiendrez une boisson acide (le goût se rapprochant un peu du vinaigre), sucrée (presque alcoolisée!), pétillante (naturellement) et excellente pour la santé (évidement!) notamment pour soigner les problèmes de digestion et de flore intestinale. Pourtant, ça ne ressemble en rien à un médicament, c'est coloré, c'est fruité, Anna y rajoute même du gingembre, des baies d'aronia ou des fraises des bois. Santé !



Ma rencontre avec Kumiko Kimbara Asti sur l'île de Bornholm, au milieu de la mer Baltique, est la transition parfaite entre mon voyage au Japon et cette aventure scandinave. Kumiko est née et a grandi à Nagoya, métropole japonaise, puis elle rencontre l'amour de sa vie au Danemark et s'installe sur cette petite et rurale île de 40000 habitants. Deux mondes différents sur une même planète. C'est paradoxalement en terre danoise, loin de son pays natal, qu'elle se découvre un don pour la poterie. Lors de ma visite à la manufacture Hjorths qui est également le musée de la céramique, j'ai découvert ses petits bébés, ses animaux en argile et ses autres œuvres d'art géométriques et organiques, belles et intemporelles, avant même de rencontrer leur créatrice. D'ailleurs, les kanji composants son prénom signifient beauté et éternité et Kumiko qu'est ce qu'elle est jolie avec son visage à la fois doux et fort, toujours très expressif, une beauté qui semble ne jamais faner. Mais reprenons depuis le début, un jour après l'exposition, j'ai rendez-vous avec l'artiste pour connaître les secrets de sa fameuse tarte à la rhubarbe. Et dès l'instant où, radieuse, elle m'ouvre la porte de son univers, je tombe amoureuse. Kumiko Kimbara Asti, son mari Maic Asti, artiste touche-à-tout talentueux et déjanté, leur fille Nanako, passionnée de pop culture japonaise, vivent dans une maison d'époque décorée, habitée, par leurs œuvres, parfois terreuses, tantôt cyniques, toujours humbles, puissantes et vraies. Collectionneurs et chasseurs de trésors, leur chez-eux me donne le vertige, mes yeux ne savent plus où se poser, entre trophées de chasse revisités au second degré, mobilier chiné, dessins à l'encre de Chine, collages ironiques et érotiques, sculptures phalliques et bien sûr quelques sublimes céramiques. On continue la visite avec leur galerie, les présentoirs sont très épurés mais c'est pour la bonne cause, Kumiko a vendu beaucoup de ses créations ces derniers temps. Chaque poterie est unique, de l'inspiration à la conception, la céramiste travaille chaque objet à la main et jamais deux fois le même modèle. Il reste tout de même une très belle collection de chawan, bol utilisé lors de la cérémonie du thé, et quelques pièces plus imposantes. L'artiste est inspirée par l'architecture, la géométrie, les formes comme la juxtaposition des livres sur une étagère ou bien par les vagues, le jeu d'ombre et lumière sur l'océan, un croisement entre les pattes des oiseaux et momiji les feuilles d'érable passant du vert aux tons chauds. Kumiko est définitivement une fille d'automne, ses œuvres terreuses et mélancoliques en ont la même couleur. Mais revenons au sujet de ma visite la tarte à la rhubarbe, celle qui ravira à coup sûr tous les gourmands, et comme le courant passe très bien je finis par rester quelques jours, on cuisine à deux et vous avez donc le droit à quelques recettes supplémentaires, toutes tournant autour des céréales, que l'on retrouve partout au Danemark, que ce soit dans les champs ou dans l'assiette.




Après avoir beaucoup papoté, on se met finalement à la popote, l'heure se fait tardive et on commence le dîner avec du sucré. La rhubarbe ne pousse pas au Japon, Kumiko l'a donc découvert ici et se l'est très bien appropriée, avec sa délicieuse tarte, fondante et croustillante, acide et sucrée. 

Rabarber taerte ou tarte à la rhubarbe

- 4 ou 5 tiges de rhubarbe
- 2 pommes 
- quelques fraises (facultatif)
- une gousse de vanille
- cannelle
- 90 grammes de noix de coco râpée
- deux pincées de levure pâtissière
- 30 grammes de flocons d'avoine
- 50 grammes de farine de blé
- 130 grammes de sucre
- 150 grammes de beurre
- 1 œuf

La rhubarbe est la tête d'affiche, de la pomme apportera du croquant et quelques fraises donneront une note sucrée pour contrebalancer l'acidité. Commençons par couper les fruits en dés, mélangeons les avec la vanille et un tout petit peu de sucre. Faisons fondre le beurre au bain marie. Pendant ce temps, mélangeons farine, coco râpée, flocons d'avoine et levure pâtissière. Fouettons le beurre fondu et le sucre doucement, cassons l'oeuf et battons un peu plus fort jusqu'à l'obtention d'un mélange clair et onctueux. Ajoutons petit à petit le mélange farine-coco-avoine, et remuons délicatement en aérant la pâte. Versons et étalons la moitié de la pâte dans le moule préalablement huilé et fariné, ajoutons les fruits puis recouvrons le tout avec le reste de la pâte. Enfournons la tarte 40 minutes à 175°C.

La tarte est à déguster tiède avec de la glace au yaourt pour une petite touche de fraicheur. Kumiko a mélangé du yaourt, de la crème fraiche, un peu de sucre de glace et hop direction le congélateur, rien de plus simple. Mon hôte a rajouté quelques jeunes pousses de basilic dans mon assiette juste pour la déco et qu'est ce qu'elle a ri quand elle m'a vu les engloutir avec la glace. Surprise, je trouve que la fraicheur verte du basilic se marie parfaitement avec la glace au yaourt.




Kumiko a toujours mangé du pain accompagné de thé au petit-déjeuner, ce qui n'était pas du tout courant au Japon. Son pain ne ressemble en rien à tous ceux que j'ai pu goûté et ça n'en est pas moins le meilleur du pays pour moi. Large et plat, moelleux et croustillant, ni blanc ni complet, il est exactement au goût de Nanako pour ses obento. D'ailleurs, c'est en se trompant sur les quantités d'une recette réalisée à l'école qu'elle en change la texture et le goût, comme quoi les erreurs donnent parfois de jolies surprises. Sa maman s'inspire donc de cette pâte pour faire son propre pain qui change légèrement tous les jours, en fonction de ses envies, aucune quantité n'est pesée, tout est dosé au feeling. D'ailleurs, Maic me confiera plus tard que lorsqu'il a rencontré Kumiko, elle rêvait d'être boulangère. Trouver les bons ingrédients, la recette, pétrir la pâte, la façonner, lui donner forme, la cuire au four, finalement ce n'est pas si éloigné du métier de céramiste.

Levain :

Jour 1 , le matin: Mélanger 100 grammes de farine complète + 1 ml d'eau. Couvrir avec un torchon humide. Conserver à température ambiante. Au fur et à mesure que le temps passe, le mélange gonfle, des bulles se forment, le levain prend vie.
Jour 4 , le matin: Ajouter 100 grammes de farine complète + 1 ml d'eau. Mélanger et couvrir.
Jour 5 : Enlever la moitié de la pâte (donnons-la, partageons ces bonnes bactéries, cela évite à la personne receveuse de commencer le processus de fermentation depuis le début). Ajouter 100 grammes de farine complète + 1 ml d'eau. Mélanger et couvrir.
Jour 6 : le levain est prêt ! Conserver le levain au frais.

Tous les 5 jours, retirer la moitié du mélange, et ajouter 100 grammes de farine complète + 1 ml d'eau.

Ensuite, attendre minimum 6 heures avant d'utiliser le levain.

Pain de Nanako :

- 300 ml d'eau froide
- 3 cuillère à café de levain (recette ci-dessus)
- 3 pincées de levure boulangère
- 2 ou 3 tasses de farine de blé blanche
- 1 tasse de farine d'épeautre
- 1 tasse de mélange de graines (tournessol, seigle, sésame...)
- 1/2 tasse graines de lin
- 1 tasse de graines de citrouille
- 4 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 3 cuillères à café de sel marin

Fouettons la levure boulangère et l'eau froide. Ajoutons le levain et mélangeons le tout avec les crochets d'un batteur électrique. Ajoutons la farine d'épeautre, le mélange de graines, une demi-tasse de farine blanche, l'huile d'olive, le sel. Mélangeons au fur et à mesure, entre chaque ingrédient ajouté. Ajoutons une demi-tasse de farine blanche, mélangeons, et ajoutons de la farine petit à petit en mélangeant, jusqu'à obtenir la texture voulue, ni trop épaisse, ni trop liquide. Ajoutons de la farine si besoin. Mélangeons à la spatule, doucement, en aérant bien la pâte. Versons la pâte dans un moule de bonne qualité (ici le moule et très large et peu profond) recouvert de papier sulfurisé. Laissons le tout reposer pendant 6 heures. Parsemons de graines, pour le beau et le bon. Enfournons à 225°C (sans préchauffage) et surveillons la cuisson régulièrement. Démoulons et laisser refroidir sur un grill. Un petit coup de toasteur avant de le déguster, pourquoi pas avec une fine tranche de fromage doux (de l'emmental par exemple) et un peu de confiture à la fraise ou aux myrtilles pour un petit déjeuner à la danoise.


En parlant de petit déjeuner, le muesli est toujours présent sur les tables scandinaves, accompagné de yaourt liquide et de fruits frais. Kumiko ne se contente pas d'acheter l'ennuyant mélange blanchâtre et mou sous la dent du supermarché, il est bien meilleur quand il est doré à feu doux avec bon coeur.

Exotique muesli

- flocons d'avoine entiers
- amandes légèrement concassées
- graines de citrouille
- graines de tournesol
- sucre de coco
- noix de coco râpée
- graines de sésame entières
- raisins secs
- cranberries

Cette recette est adaptable en fonction des goûts de chacun et de ce qu'on a sous la main. Pas besoin de peser les ingrédients, les flocons d'avoine représentent au moins la moitié du granola. Dans un grand wok, dorons les flocons d'avoine à feu doux, en mélangeant de temps en temps. Faisons un trou et ajoutons les amandes (toujours faire un trou au milieu du wok lorsqu'on ajoute un nouvel aliment), ensuite vient le tour des graines de citrouille et de tournesol. Mélangeons toujours régulièrement pour faire dorer uniformément ces graines et céréales. Après avoir diminué le feu au minimum, ajoutons la noix coco râpée puis le sésame qui naturellement gras, ont tendance à vite chauffer et griller, ce n'est pas le moment d'oublier de mélanger. Ensuite, ajoutons un peu de sucre de coco et doucement deux ou trois cuillères à soupe d'eau pour caraméliser le tout. Ne cessons pas de remuer même après avoir éteint le feu car le wok reste chaud assez longtemps. C'est prêt lorsque le muesli est croustillant et légèrement doré. Laissons refroidir, ajoutons les raisins secs et les cranberries séchées. Il reste succulent jusqu'à deux ou trois semaines dans un joli bocal en verre. 

Voilà, vous savez tout de ces petits délices riches en céréales parfaits pour rester au chaud à cuisiner pendant cet automne. J'espère que cet article vous a plu, rencontrer la solaire Kumiko, sa famille, ses amis et leurs créations m'a particulièrement touché. Si vous visitez la tout aussi lumineuse île de Bornholm, n'hésitez pas à passer à la galerie Asti, pour admirer leurs étranges petites beautés, vous serez très bien accueilli.

Pétrir la pâte avec Kumiko

dimanche 11 octobre 2015




Ma rencontre avec Kumiko Kimbara Asti sur l'île de Bornholm, au milieu de la mer Baltique, est la transition parfaite entre mon voyage au Japon et cette aventure scandinave. Kumiko est née et a grandi à Nagoya, métropole japonaise, puis elle rencontre l'amour de sa vie au Danemark et s'installe sur cette petite et rurale île de 40000 habitants. Deux mondes différents sur une même planète. C'est paradoxalement en terre danoise, loin de son pays natal, qu'elle se découvre un don pour la poterie. Lors de ma visite à la manufacture Hjorths qui est également le musée de la céramique, j'ai découvert ses petits bébés, ses animaux en argile et ses autres œuvres d'art géométriques et organiques, belles et intemporelles, avant même de rencontrer leur créatrice. D'ailleurs, les kanji composants son prénom signifient beauté et éternité et Kumiko qu'est ce qu'elle est jolie avec son visage à la fois doux et fort, toujours très expressif, une beauté qui semble ne jamais faner. Mais reprenons depuis le début, un jour après l'exposition, j'ai rendez-vous avec l'artiste pour connaître les secrets de sa fameuse tarte à la rhubarbe. Et dès l'instant où, radieuse, elle m'ouvre la porte de son univers, je tombe amoureuse. Kumiko Kimbara Asti, son mari Maic Asti, artiste touche-à-tout talentueux et déjanté, leur fille Nanako, passionnée de pop culture japonaise, vivent dans une maison d'époque décorée, habitée, par leurs œuvres, parfois terreuses, tantôt cyniques, toujours humbles, puissantes et vraies. Collectionneurs et chasseurs de trésors, leur chez-eux me donne le vertige, mes yeux ne savent plus où se poser, entre trophées de chasse revisités au second degré, mobilier chiné, dessins à l'encre de Chine, collages ironiques et érotiques, sculptures phalliques et bien sûr quelques sublimes céramiques. On continue la visite avec leur galerie, les présentoirs sont très épurés mais c'est pour la bonne cause, Kumiko a vendu beaucoup de ses créations ces derniers temps. Chaque poterie est unique, de l'inspiration à la conception, la céramiste travaille chaque objet à la main et jamais deux fois le même modèle. Il reste tout de même une très belle collection de chawan, bol utilisé lors de la cérémonie du thé, et quelques pièces plus imposantes. L'artiste est inspirée par l'architecture, la géométrie, les formes comme la juxtaposition des livres sur une étagère ou bien par les vagues, le jeu d'ombre et lumière sur l'océan, un croisement entre les pattes des oiseaux et momiji les feuilles d'érable passant du vert aux tons chauds. Kumiko est définitivement une fille d'automne, ses œuvres terreuses et mélancoliques en ont la même couleur. Mais revenons au sujet de ma visite la tarte à la rhubarbe, celle qui ravira à coup sûr tous les gourmands, et comme le courant passe très bien je finis par rester quelques jours, on cuisine à deux et vous avez donc le droit à quelques recettes supplémentaires, toutes tournant autour des céréales, que l'on retrouve partout au Danemark, que ce soit dans les champs ou dans l'assiette.




Après avoir beaucoup papoté, on se met finalement à la popote, l'heure se fait tardive et on commence le dîner avec du sucré. La rhubarbe ne pousse pas au Japon, Kumiko l'a donc découvert ici et se l'est très bien appropriée, avec sa délicieuse tarte, fondante et croustillante, acide et sucrée. 

Rabarber taerte ou tarte à la rhubarbe

- 4 ou 5 tiges de rhubarbe
- 2 pommes 
- quelques fraises (facultatif)
- une gousse de vanille
- cannelle
- 90 grammes de noix de coco râpée
- deux pincées de levure pâtissière
- 30 grammes de flocons d'avoine
- 50 grammes de farine de blé
- 130 grammes de sucre
- 150 grammes de beurre
- 1 œuf

La rhubarbe est la tête d'affiche, de la pomme apportera du croquant et quelques fraises donneront une note sucrée pour contrebalancer l'acidité. Commençons par couper les fruits en dés, mélangeons les avec la vanille et un tout petit peu de sucre. Faisons fondre le beurre au bain marie. Pendant ce temps, mélangeons farine, coco râpée, flocons d'avoine et levure pâtissière. Fouettons le beurre fondu et le sucre doucement, cassons l'oeuf et battons un peu plus fort jusqu'à l'obtention d'un mélange clair et onctueux. Ajoutons petit à petit le mélange farine-coco-avoine, et remuons délicatement en aérant la pâte. Versons et étalons la moitié de la pâte dans le moule préalablement huilé et fariné, ajoutons les fruits puis recouvrons le tout avec le reste de la pâte. Enfournons la tarte 40 minutes à 175°C.

La tarte est à déguster tiède avec de la glace au yaourt pour une petite touche de fraicheur. Kumiko a mélangé du yaourt, de la crème fraiche, un peu de sucre de glace et hop direction le congélateur, rien de plus simple. Mon hôte a rajouté quelques jeunes pousses de basilic dans mon assiette juste pour la déco et qu'est ce qu'elle a ri quand elle m'a vu les engloutir avec la glace. Surprise, je trouve que la fraicheur verte du basilic se marie parfaitement avec la glace au yaourt.




Kumiko a toujours mangé du pain accompagné de thé au petit-déjeuner, ce qui n'était pas du tout courant au Japon. Son pain ne ressemble en rien à tous ceux que j'ai pu goûté et ça n'en est pas moins le meilleur du pays pour moi. Large et plat, moelleux et croustillant, ni blanc ni complet, il est exactement au goût de Nanako pour ses obento. D'ailleurs, c'est en se trompant sur les quantités d'une recette réalisée à l'école qu'elle en change la texture et le goût, comme quoi les erreurs donnent parfois de jolies surprises. Sa maman s'inspire donc de cette pâte pour faire son propre pain qui change légèrement tous les jours, en fonction de ses envies, aucune quantité n'est pesée, tout est dosé au feeling. D'ailleurs, Maic me confiera plus tard que lorsqu'il a rencontré Kumiko, elle rêvait d'être boulangère. Trouver les bons ingrédients, la recette, pétrir la pâte, la façonner, lui donner forme, la cuire au four, finalement ce n'est pas si éloigné du métier de céramiste.

Levain :

Jour 1 , le matin: Mélanger 100 grammes de farine complète + 1 ml d'eau. Couvrir avec un torchon humide. Conserver à température ambiante. Au fur et à mesure que le temps passe, le mélange gonfle, des bulles se forment, le levain prend vie.
Jour 4 , le matin: Ajouter 100 grammes de farine complète + 1 ml d'eau. Mélanger et couvrir.
Jour 5 : Enlever la moitié de la pâte (donnons-la, partageons ces bonnes bactéries, cela évite à la personne receveuse de commencer le processus de fermentation depuis le début). Ajouter 100 grammes de farine complète + 1 ml d'eau. Mélanger et couvrir.
Jour 6 : le levain est prêt ! Conserver le levain au frais.

Tous les 5 jours, retirer la moitié du mélange, et ajouter 100 grammes de farine complète + 1 ml d'eau.

Ensuite, attendre minimum 6 heures avant d'utiliser le levain.

Pain de Nanako :

- 300 ml d'eau froide
- 3 cuillère à café de levain (recette ci-dessus)
- 3 pincées de levure boulangère
- 2 ou 3 tasses de farine de blé blanche
- 1 tasse de farine d'épeautre
- 1 tasse de mélange de graines (tournessol, seigle, sésame...)
- 1/2 tasse graines de lin
- 1 tasse de graines de citrouille
- 4 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 3 cuillères à café de sel marin

Fouettons la levure boulangère et l'eau froide. Ajoutons le levain et mélangeons le tout avec les crochets d'un batteur électrique. Ajoutons la farine d'épeautre, le mélange de graines, une demi-tasse de farine blanche, l'huile d'olive, le sel. Mélangeons au fur et à mesure, entre chaque ingrédient ajouté. Ajoutons une demi-tasse de farine blanche, mélangeons, et ajoutons de la farine petit à petit en mélangeant, jusqu'à obtenir la texture voulue, ni trop épaisse, ni trop liquide. Ajoutons de la farine si besoin. Mélangeons à la spatule, doucement, en aérant bien la pâte. Versons la pâte dans un moule de bonne qualité (ici le moule et très large et peu profond) recouvert de papier sulfurisé. Laissons le tout reposer pendant 6 heures. Parsemons de graines, pour le beau et le bon. Enfournons à 225°C (sans préchauffage) et surveillons la cuisson régulièrement. Démoulons et laisser refroidir sur un grill. Un petit coup de toasteur avant de le déguster, pourquoi pas avec une fine tranche de fromage doux (de l'emmental par exemple) et un peu de confiture à la fraise ou aux myrtilles pour un petit déjeuner à la danoise.


En parlant de petit déjeuner, le muesli est toujours présent sur les tables scandinaves, accompagné de yaourt liquide et de fruits frais. Kumiko ne se contente pas d'acheter l'ennuyant mélange blanchâtre et mou sous la dent du supermarché, il est bien meilleur quand il est doré à feu doux avec bon coeur.

Exotique muesli

- flocons d'avoine entiers
- amandes légèrement concassées
- graines de citrouille
- graines de tournesol
- sucre de coco
- noix de coco râpée
- graines de sésame entières
- raisins secs
- cranberries

Cette recette est adaptable en fonction des goûts de chacun et de ce qu'on a sous la main. Pas besoin de peser les ingrédients, les flocons d'avoine représentent au moins la moitié du granola. Dans un grand wok, dorons les flocons d'avoine à feu doux, en mélangeant de temps en temps. Faisons un trou et ajoutons les amandes (toujours faire un trou au milieu du wok lorsqu'on ajoute un nouvel aliment), ensuite vient le tour des graines de citrouille et de tournesol. Mélangeons toujours régulièrement pour faire dorer uniformément ces graines et céréales. Après avoir diminué le feu au minimum, ajoutons la noix coco râpée puis le sésame qui naturellement gras, ont tendance à vite chauffer et griller, ce n'est pas le moment d'oublier de mélanger. Ensuite, ajoutons un peu de sucre de coco et doucement deux ou trois cuillères à soupe d'eau pour caraméliser le tout. Ne cessons pas de remuer même après avoir éteint le feu car le wok reste chaud assez longtemps. C'est prêt lorsque le muesli est croustillant et légèrement doré. Laissons refroidir, ajoutons les raisins secs et les cranberries séchées. Il reste succulent jusqu'à deux ou trois semaines dans un joli bocal en verre. 

Voilà, vous savez tout de ces petits délices riches en céréales parfaits pour rester au chaud à cuisiner pendant cet automne. J'espère que cet article vous a plu, rencontrer la solaire Kumiko, sa famille, ses amis et leurs créations m'a particulièrement touché. Si vous visitez la tout aussi lumineuse île de Bornholm, n'hésitez pas à passer à la galerie Asti, pour admirer leurs étranges petites beautés, vous serez très bien accueilli.


Et voilà, l'heure de la dernière rencontre au pays du Soleil Levant a sonné (bon, ok, en attendant le prochain avion) , on retrouve Kunihiko qui après sa création nippo-italiano, nous propose un plat très populaire au Japon. Oyakodon signifie littéralement la maman et l'enfant dans le même bol (de riz). Cotcotcot ! Poulet et œuf se retrouvent dans un niz douillet de petits grains blancs. Ce plat est de la « comfort food » par excellence, fondant à souhait, sa saveur umami ravira vos papilles. Et si c'est si bon, ce n'est pas par hasard, Kunihiko est perfectionniste, il ne lave le riz non pas une fois, non pas trois, mais bien six fois. Il travaille avec précision et a le goût pour les choses bien faites, pas étonnant avec une formation de designer d'intérieur. Concentré mais pas austère, bien au contraire, il vous met parfaitement à l'aise, l'air de rien, très omotenashi. A vrai dire, ce plat tout simple est un de mes meilleurs souvenirs gustatif en terre nippone.


Oyakodon (2 personnes) 

- riz rond japonais
- 2 oignons
- shimeji (champignons d'Asie de l'Est)
- 1 bonne cuisse de poulet
- 3 œufs
- quelques feuilles de mitsuba (persil japonais)
- huile de colza
- huile de sésame
- sake
- mirin
- shoyu (sauce soja)
- dashi (bouillon de bonite séchée et algues konbu)
- fécule de pommes de terre

Si vous avez bien suivi, vous savez déjà qu'il faut rincer le riz 6 fois pour un riz parfaitement parfait. Direction ricecooker pour les petits grains blancs. Hachons les oignons grossièrement pour les faire revenir dans de l'huile de colza. Ajoutons les champignons shimeji, le poulet découpé en petits morceaux. Arrosons le tout d'un peu d'huile de sésame, d'une bonne cuillère à soupe de sake et un tout petit peu d'eau. Une ou deux cuillère à soupe de fécule de pommes de terre pour l'onctuosité. Mélangeons et puis faisons sauter le tout. Vient au tour de l'ingrédient clé au goût si particulier : le dashi, en petite quantité. Quelques cuillérées mirin et puis de shoyu (la moitié de la quantité de mirin), et faire bouillir le tout. Ajoutons les œufs battus et remuons à feu doux. Servons le riz dans un bol (très important, sinon ce n'est plus un donburi,  un bol de riz garni) ,  recouvrons du mélange mère-enfant et un peu de vert ne fait pas de mal, quelques feuilles de mitsuba par-ci par-là. Voilà c'est prêt à être dégusté avec une bonne soupe miso. Mmmh, meshia meshia oishii comme on dit là-bas !





Oyakodon, le petit nid de riz douillet de Kunihiko

vendredi 18 septembre 2015


Et voilà, l'heure de la dernière rencontre au pays du Soleil Levant a sonné (bon, ok, en attendant le prochain avion) , on retrouve Kunihiko qui après sa création nippo-italiano, nous propose un plat très populaire au Japon. Oyakodon signifie littéralement la maman et l'enfant dans le même bol (de riz). Cotcotcot ! Poulet et œuf se retrouvent dans un niz douillet de petits grains blancs. Ce plat est de la « comfort food » par excellence, fondant à souhait, sa saveur umami ravira vos papilles. Et si c'est si bon, ce n'est pas par hasard, Kunihiko est perfectionniste, il ne lave le riz non pas une fois, non pas trois, mais bien six fois. Il travaille avec précision et a le goût pour les choses bien faites, pas étonnant avec une formation de designer d'intérieur. Concentré mais pas austère, bien au contraire, il vous met parfaitement à l'aise, l'air de rien, très omotenashi. A vrai dire, ce plat tout simple est un de mes meilleurs souvenirs gustatif en terre nippone.


Oyakodon (2 personnes) 

- riz rond japonais
- 2 oignons
- shimeji (champignons d'Asie de l'Est)
- 1 bonne cuisse de poulet
- 3 œufs
- quelques feuilles de mitsuba (persil japonais)
- huile de colza
- huile de sésame
- sake
- mirin
- shoyu (sauce soja)
- dashi (bouillon de bonite séchée et algues konbu)
- fécule de pommes de terre

Si vous avez bien suivi, vous savez déjà qu'il faut rincer le riz 6 fois pour un riz parfaitement parfait. Direction ricecooker pour les petits grains blancs. Hachons les oignons grossièrement pour les faire revenir dans de l'huile de colza. Ajoutons les champignons shimeji, le poulet découpé en petits morceaux. Arrosons le tout d'un peu d'huile de sésame, d'une bonne cuillère à soupe de sake et un tout petit peu d'eau. Une ou deux cuillère à soupe de fécule de pommes de terre pour l'onctuosité. Mélangeons et puis faisons sauter le tout. Vient au tour de l'ingrédient clé au goût si particulier : le dashi, en petite quantité. Quelques cuillérées mirin et puis de shoyu (la moitié de la quantité de mirin), et faire bouillir le tout. Ajoutons les œufs battus et remuons à feu doux. Servons le riz dans un bol (très important, sinon ce n'est plus un donburi,  un bol de riz garni) ,  recouvrons du mélange mère-enfant et un peu de vert ne fait pas de mal, quelques feuilles de mitsuba par-ci par-là. Voilà c'est prêt à être dégusté avec une bonne soupe miso. Mmmh, meshia meshia oishii comme on dit là-bas !







Une île quasi-déserte et exilée consacrée à l'art contemporain, l'image de cette fameuse citrouille à pois, voilà ce que m'évoquait la douce sonorité de Naoshima - c'est-à-dire pas grand chose. Et pour être honnête, mon imaginaire avait même transformé la cucurbitacée en champignon géant, sans doute dans un délire psychédélique suite à l'infinité de lumières de Yayoi Kusama. Un matin brumeux, j'embarque à bord d'un ferry pour Naoshima sans vraiment savoir à quoi m'attendre mais j'arrive à bon port. Quelques installations (pas les plus réussies mais très prisées pour les selfies), de jolies et rustiques maisons en bois dont on ressent l'usure et l'histoire - beaucoup de maisons se retrouvent abandonnées, les plus jeunes étant attirés comme des mouches vers la grande toile d'araignée tokyoite, la population de l'île est vieillissante et décroissante - et un bus plus tard, me voici face à un torii, portail shinto marquant la séparation entre le monde physique et le monde spirituel, prenant racine dans le sable avec vue sur la mer intérieure de Seto.



Le ciel est gris, la lumière est douce, les tons oscillent entre le gris et l'or, la mer est calme, les discrets visiteurs se comptent sur les doigts de deux mains, l'atmosphère est sereine. Le gros légume jaune parsemé de pois au loin, nous attire comme des aimants et on a tous un peu la même fascination mêlée de respect, on le mitraille de photos mais dans un silence presque religieux, la vedette de l'île ne se prend pas le chou, elle est ronde, paisible, solaire, facile d'accès; elle parle à tout le monde. Une fois ces vitamines avalées, tous les autres touristes entament le marathon des musées mais moi j'ai envie de minéraux et me balade sur la plage qui regorge de trésors naturels, entre coquillages à ramasser ou à observer lorsque le mollusque est d'humeur sociable et puis je suis littéralement médusée par la beauté du motif qui se dessine sur la texture gélatineuse de l'animal marin. La découverte continue entre nature et installations d'art en plein air, entre Nikki de Saint Phalle, faune et flore. 



Emerveillée et ressourcée, je me mets à la recherche du premier musée et hôtel de l'île mais je n'aperçois pas le bout de son nez  au milieu de la luxuriante végétation, après quelques détours et une bonne montée, j'arrive enfin à la Benesse House, effacée de loin mais au caractère bien trempé une fois approchée. Il est impossible d'avoir une image entière du bâtiment qui dévoilera ses diverses facettes au fur et à mesure de l'expérience sans jamais se montrer en entier. De la pierre, du verre et puis beaucoup de béton, Tadao Ando n'a pas oublié son matériau fétiche bien qu'on soit entouré de forêt. Un peu surprenant au début et puis on se laisse vite bercer par la tranquillité des lieux, la froideur se transforme en douceur, l'architecture d'un premier abord déstabilisante accompagne  finalement on ne peut mieux les oeuvres d'arts (entre le bleu de Sam Francis ou le rosé de Rei Nato) ... et la nature environnante. 


Souvent l'art nous fait rêver ou bien réfléchir, ici il éveille mes sens, je suis dans le moment présent et pleinement consciente. Quand Tadao Ando parle d'architecture comme "un langage universel, une affaire de géométrie mais aussi de spiritualité. Selon les circonstances, on peut choisir un carré ou un triangle, mais, au fond, le résultat de tout cela doit être un lieu qui parle au coeur des humains" il a tout bon, le papier colle parfaitement à la réalité. Je n'ai jamais vu de musée sublimer autant les oeuvres d'art elles-mêmes, l'architecture, la verdoyante nature environnante, la mer et le ciel. Le célèbre architecte originaire d'Osaka "aime les espaces nus, les plans libres, les volumes simples et [il] travaille beaucoup l'idée de transition. Entre le dedans et le dehors, la nature et le construit, l'individu et le monde. [Ses] architectures sont ouvertes au vent, à la lumière et à l'ombre". L'espace créé nous permet non pas de nous focaliser sur une oeuvre puis une autre, mais à l'inverse de considérer tout ce qui nous entoure, ce qui est crée par l'homme, ce qui est offert par la nature, ce qui est plutôt durable, ce qui varie sans cesse comme la lumière ou bien la forme des nuages dans le ciel. D'ailleurs les rayons de soleil percent tout doucement les nuages pour diffuser une lumière plus chaude. Je ressors de la Benesse House (la partie musée uniquement, je ne pouvais pas m'offrir le luxe d'une nuit dans ce lieu d'exception) (remarque la vue depuis ma tente n'a presque rien à lui envier) encore plus apaisée et... éveillée. Me voilà prête pour aller un peu plus loin dans l'exploration, une plage déserte (bon, d'accord elles l'étaient toutes) m'appelle pour tremper les jambes dans l'eau très fraiche et savourer la douce chaleur du soleil sur ma peau nue. 

Naoshima, entre art, nature et sérénité

mardi 11 août 2015



Une île quasi-déserte et exilée consacrée à l'art contemporain, l'image de cette fameuse citrouille à pois, voilà ce que m'évoquait la douce sonorité de Naoshima - c'est-à-dire pas grand chose. Et pour être honnête, mon imaginaire avait même transformé la cucurbitacée en champignon géant, sans doute dans un délire psychédélique suite à l'infinité de lumières de Yayoi Kusama. Un matin brumeux, j'embarque à bord d'un ferry pour Naoshima sans vraiment savoir à quoi m'attendre mais j'arrive à bon port. Quelques installations (pas les plus réussies mais très prisées pour les selfies), de jolies et rustiques maisons en bois dont on ressent l'usure et l'histoire - beaucoup de maisons se retrouvent abandonnées, les plus jeunes étant attirés comme des mouches vers la grande toile d'araignée tokyoite, la population de l'île est vieillissante et décroissante - et un bus plus tard, me voici face à un torii, portail shinto marquant la séparation entre le monde physique et le monde spirituel, prenant racine dans le sable avec vue sur la mer intérieure de Seto.



Le ciel est gris, la lumière est douce, les tons oscillent entre le gris et l'or, la mer est calme, les discrets visiteurs se comptent sur les doigts de deux mains, l'atmosphère est sereine. Le gros légume jaune parsemé de pois au loin, nous attire comme des aimants et on a tous un peu la même fascination mêlée de respect, on le mitraille de photos mais dans un silence presque religieux, la vedette de l'île ne se prend pas le chou, elle est ronde, paisible, solaire, facile d'accès; elle parle à tout le monde. Une fois ces vitamines avalées, tous les autres touristes entament le marathon des musées mais moi j'ai envie de minéraux et me balade sur la plage qui regorge de trésors naturels, entre coquillages à ramasser ou à observer lorsque le mollusque est d'humeur sociable et puis je suis littéralement médusée par la beauté du motif qui se dessine sur la texture gélatineuse de l'animal marin. La découverte continue entre nature et installations d'art en plein air, entre Nikki de Saint Phalle, faune et flore. 



Emerveillée et ressourcée, je me mets à la recherche du premier musée et hôtel de l'île mais je n'aperçois pas le bout de son nez  au milieu de la luxuriante végétation, après quelques détours et une bonne montée, j'arrive enfin à la Benesse House, effacée de loin mais au caractère bien trempé une fois approchée. Il est impossible d'avoir une image entière du bâtiment qui dévoilera ses diverses facettes au fur et à mesure de l'expérience sans jamais se montrer en entier. De la pierre, du verre et puis beaucoup de béton, Tadao Ando n'a pas oublié son matériau fétiche bien qu'on soit entouré de forêt. Un peu surprenant au début et puis on se laisse vite bercer par la tranquillité des lieux, la froideur se transforme en douceur, l'architecture d'un premier abord déstabilisante accompagne  finalement on ne peut mieux les oeuvres d'arts (entre le bleu de Sam Francis ou le rosé de Rei Nato) ... et la nature environnante. 


Souvent l'art nous fait rêver ou bien réfléchir, ici il éveille mes sens, je suis dans le moment présent et pleinement consciente. Quand Tadao Ando parle d'architecture comme "un langage universel, une affaire de géométrie mais aussi de spiritualité. Selon les circonstances, on peut choisir un carré ou un triangle, mais, au fond, le résultat de tout cela doit être un lieu qui parle au coeur des humains" il a tout bon, le papier colle parfaitement à la réalité. Je n'ai jamais vu de musée sublimer autant les oeuvres d'art elles-mêmes, l'architecture, la verdoyante nature environnante, la mer et le ciel. Le célèbre architecte originaire d'Osaka "aime les espaces nus, les plans libres, les volumes simples et [il] travaille beaucoup l'idée de transition. Entre le dedans et le dehors, la nature et le construit, l'individu et le monde. [Ses] architectures sont ouvertes au vent, à la lumière et à l'ombre". L'espace créé nous permet non pas de nous focaliser sur une oeuvre puis une autre, mais à l'inverse de considérer tout ce qui nous entoure, ce qui est crée par l'homme, ce qui est offert par la nature, ce qui est plutôt durable, ce qui varie sans cesse comme la lumière ou bien la forme des nuages dans le ciel. D'ailleurs les rayons de soleil percent tout doucement les nuages pour diffuser une lumière plus chaude. Je ressors de la Benesse House (la partie musée uniquement, je ne pouvais pas m'offrir le luxe d'une nuit dans ce lieu d'exception) (remarque la vue depuis ma tente n'a presque rien à lui envier) encore plus apaisée et... éveillée. Me voilà prête pour aller un peu plus loin dans l'exploration, une plage déserte (bon, d'accord elles l'étaient toutes) m'appelle pour tremper les jambes dans l'eau très fraiche et savourer la douce chaleur du soleil sur ma peau nue. 

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