Inde

En Provence, l'été et ses quarante degrés ne font pas dans la légèreté, les cigales chantent à tue-tête, les siestes sont devenues irrésistibles, les melons s'étalent au marché et la mer envahit nos pensées. Bon, je crois que je parle un peu trop météo et changement de saison par ici… enfin tout ça pour dire qu'on a bien envie de se désaltérer et quoi de mieux qu'un bon lassi pour ça ? Si cela sonne un peu trop exotique, je vous explique : c'est une boisson lactée et sucrée typiquement indienne, on s'était réchauffé avec un chaï épicé l'hiver dernier et à l'inverse, le lassi a pour objectif de nous refroidir. Outre le fait qu'il soit servi très frais, parfois avec des glaçons, c'est le yaourt au lait de vache qui apaise le feu dans la bouche après un curry un peu trop pimenté (tout est question d'équilibre en Inde). Aujourd'hui, je vous propose une version vegan, sans lactose, pour une boisson plus légère et digeste. J'ai remplacé le yaourt par du lait de riz et du lait de coco pour la touche gourmande et exotique. Mon lassi préféré est celui à la mangue, fruit adoré depuis ma tendre enfance, mais cette-fois-ci j'ai voulu privilégier un ingrédient plus local, le coquelicot, pour une boisson florale, végétale et rafraîchissante. Oui, oui, oui, le coquelicot est comestible et c'est même très très bon pour nos voies respiratoires, en cas de maux de gorge, d'asthme, une petite cuillère de sirop et on est prêt pour chanter de l'opéra! On le retrouve de mai à juillet parsemant ou inondant carrément les champs de blés non traités et les prairies d'un joli rouge, attrapez votre panier tressé, n'oubliez pas votre chapeau de paille, et cette fois-ci, pas besoin de se charger avec un livre de botanique, il n'y a pas de cueillette plus facile, on repère ces fleurs sauvages de loin. Soyons patients, il faudra remplir notre panier des jusqu'en haut pour faire une petite bouteille de sirop, mais quel plaisir de découvrir toutes les petites bêtes qui se cachent, protégées par les délicates pétales du coquelicot. Ensuite, direction la cuisine-pharmacie, pour concocter ce sirop de coquelicot en deux temps, trois mouvements.


Sirop de coquelicot 

- 250 g de pétales toute fraiches de coquelicot
- 300 g de sucre roux
- 250 ml d'eau

Porter les pétales et l'eau à ébullition, éteindre le feu et laisser infuser 30 minutes. Filtrer et ajouter le sucre puis porter à faible ébullition et laisser cuire à feu doux jusqu'à obtenir une texture épaisse... comme un sirop. À conserver dans une bouteille en verre préalablement stérilisée. À conserver au réfrigérateur, une fois la bouteille ouverte. Ce sirop est efficace en en cas de gorge irritée ou de toux. 

Lassi végétal et floral

- 1/2 verre de sirop de coquelicot 
- 1 verre de lait de coco
- 3 verres de lait de riz

Verser les trois ingrédients ultra frais dans le blender, mix, smooth, enjoy ! Une boisson originale, surprenante (dans le bon sens, je trouve) à siroter avec une paille et un bon bouquin ou au bord d'une piscine pour fêter les vacances avec ses amis.

J'espère que cette boisson végétale inspirée du fameux lassi à l'eau de rose vous apporte ra un peu de fraicheur, que ces bavardages autour des cueillettes sauvages ne vous ennuient pas trop et que je ne vous effraie pas avec ce côté « potion magique»… c'est vrai que ces derniers articles s'éloignent des « food portraits » que j'aime tant, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. En tout cas, je reviens bientôt par ici avec une blogueuse que j'adore.. dans sa cuisine!

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Frais et floral, lassi au coquelicot

jeudi 21 juillet 2016


En Provence, l'été et ses quarante degrés ne font pas dans la légèreté, les cigales chantent à tue-tête, les siestes sont devenues irrésistibles, les melons s'étalent au marché et la mer envahit nos pensées. Bon, je crois que je parle un peu trop météo et changement de saison par ici… enfin tout ça pour dire qu'on a bien envie de se désaltérer et quoi de mieux qu'un bon lassi pour ça ? Si cela sonne un peu trop exotique, je vous explique : c'est une boisson lactée et sucrée typiquement indienne, on s'était réchauffé avec un chaï épicé l'hiver dernier et à l'inverse, le lassi a pour objectif de nous refroidir. Outre le fait qu'il soit servi très frais, parfois avec des glaçons, c'est le yaourt au lait de vache qui apaise le feu dans la bouche après un curry un peu trop pimenté (tout est question d'équilibre en Inde). Aujourd'hui, je vous propose une version vegan, sans lactose, pour une boisson plus légère et digeste. J'ai remplacé le yaourt par du lait de riz et du lait de coco pour la touche gourmande et exotique. Mon lassi préféré est celui à la mangue, fruit adoré depuis ma tendre enfance, mais cette-fois-ci j'ai voulu privilégier un ingrédient plus local, le coquelicot, pour une boisson florale, végétale et rafraîchissante. Oui, oui, oui, le coquelicot est comestible et c'est même très très bon pour nos voies respiratoires, en cas de maux de gorge, d'asthme, une petite cuillère de sirop et on est prêt pour chanter de l'opéra! On le retrouve de mai à juillet parsemant ou inondant carrément les champs de blés non traités et les prairies d'un joli rouge, attrapez votre panier tressé, n'oubliez pas votre chapeau de paille, et cette fois-ci, pas besoin de se charger avec un livre de botanique, il n'y a pas de cueillette plus facile, on repère ces fleurs sauvages de loin. Soyons patients, il faudra remplir notre panier des jusqu'en haut pour faire une petite bouteille de sirop, mais quel plaisir de découvrir toutes les petites bêtes qui se cachent, protégées par les délicates pétales du coquelicot. Ensuite, direction la cuisine-pharmacie, pour concocter ce sirop de coquelicot en deux temps, trois mouvements.


Sirop de coquelicot 

- 250 g de pétales toute fraiches de coquelicot
- 300 g de sucre roux
- 250 ml d'eau

Porter les pétales et l'eau à ébullition, éteindre le feu et laisser infuser 30 minutes. Filtrer et ajouter le sucre puis porter à faible ébullition et laisser cuire à feu doux jusqu'à obtenir une texture épaisse... comme un sirop. À conserver dans une bouteille en verre préalablement stérilisée. À conserver au réfrigérateur, une fois la bouteille ouverte. Ce sirop est efficace en en cas de gorge irritée ou de toux. 

Lassi végétal et floral

- 1/2 verre de sirop de coquelicot 
- 1 verre de lait de coco
- 3 verres de lait de riz

Verser les trois ingrédients ultra frais dans le blender, mix, smooth, enjoy ! Une boisson originale, surprenante (dans le bon sens, je trouve) à siroter avec une paille et un bon bouquin ou au bord d'une piscine pour fêter les vacances avec ses amis.

J'espère que cette boisson végétale inspirée du fameux lassi à l'eau de rose vous apporte ra un peu de fraicheur, que ces bavardages autour des cueillettes sauvages ne vous ennuient pas trop et que je ne vous effraie pas avec ce côté « potion magique»… c'est vrai que ces derniers articles s'éloignent des « food portraits » que j'aime tant, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. En tout cas, je reviens bientôt par ici avec une blogueuse que j'adore.. dans sa cuisine!

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Je me souviens encore très bien de la première fois que j'ai siroté un chaï, le thé indien au lait. Chaleureusement épicé et en même temps doux et onctueux, sucré et légèrement piquant, finalement ce chaï tea me rappelait plus la sensation (je dis bien sensation car le goût est totalement différent évidemment) d'un chocolat chaud que l'un des thés verts, blancs ou même noirs que j'avais pu goûté auparavant. J'avais 15 ans, c'était au bord de la mer, à un festival de rock progressif avec mon père (non ce n'était pas une rave party entre amis, j'étais très sage à l'époque) (je le suis toujours d'ailleurs) amoureux de l'Inde qui m'a initié à ce thé (et non à la bière) (trop rebelle l'ado). Voilà, j'aurai préféré vous faire rêver et vous dire que c'était en Inde pour apprendre le yoga et où j'étais la plus cool des surfeuses entourée de beaux et mystérieux hindous mais... ça devait être dans une autre vie! La loi du karma... J'ai quand même voyagé pas très loin, au Sri Lanka où l'Ayurveda, la médecine holistique traditionnelle d'origine indienne est également très pratiquée. D'ailleurs, une amie danoise et sri-lankaise m'a dit que dans la cuisine, on choisit telle épice pas spécialement pour son goût mais plutôt pour ses bienfaits thérapeutiques. Finalement, le chaï, très apprécié dans l'Inde du Sud, est aussi bon pour le palais que pour le corps et l'esprit. D'ailleurs, exceptionnellement les photos de voyage accompagnant le thé fumant ne sont pas de moi mais de mon papa, capturées ici et là en terre indienne. On voyage le temps d'une recette pour explorer ces épices ayurvédiques.


Commençons par le gingembre, bien connu de tous, tant pour ses atouts gustatifs que thérapeutiques. Il est aussi réputé que consommé dans toute l'Asie, notamment dans la tradition ayurvédique. En Occident, on retient surtout ses fameuses propriétés aphrodisiaques. L'ingrédient parfait pour s'envoyer en l'air est doté d'un effet antiémétique (limite les nausées et les vomissements) et sera votre meilleur allié contre le mal de transport, de mer ou de l'air (comment ça, vous aviez une image beaucoup plus sexy en tête?). Il est aussi antioxydant, anti-inflammatoire, antidouleurs, il favorise la digestion (contre les gaz intestinaux, ballonnements et les coliques) (sexy, on disait) et est très efficace contre les crampes menstruelles. Et je pense que je ne suis pas la seule ici à faire une bonne décoction de gingembre dès que la fatigue se ressent ou qu'un rhume pointe le bout de son nez car ce super aliment stimule le système immunitaire, tonifie et fortifie l'organisme et réchauffe le corps (tiens, tiens). Et pour la petite anecdote, lors de mon baptême de l'air en planeur, le fait de mâchouiller un bout de gingembre frais m'a permis de profiter sereinement de la vue vertigineuse sur des dizaines de lacs, des forêts immenses, la mer au loin et même de piloter comme une pro (dixit la fille qui panique au volant d'une voiture).

On a déjà parlé de la cannelle de Ceylan ici, j'insiste sur le fait qu'elle soit antiseptique, antivirale, antifongique, ce qui fait d'elle un aliment de choix avant le printemps, pile au moment où on a envie de se réchauffer avec un bon chaï latte.

Un autre condiment au goût très parfumé et sucré, la cardamome verte de la même famille que le gingembre et le curcuma (dont on parlera dans un prochain article) est considérée comme l'une des meilleures aides digestives dans l'Ayurveda. On l'utilise depuis des millénaires pour soigner les aigreurs gastriques, la mauvaise haleine, les flatulences, l'aérophagie, les coliques, les indigestions et les troubles respiratoires (asthmes et bronchites). Rien que ça. Et puis avec son goût suave, la cardamome stimule l'esprit et a des effets euphorisants.

Plus poivré, le clou de girofle, puissant antiseptique, remplace très bien notre thym local dans une bonne tisane lorsqu'on a attrapé froid. Il est anti-inflammatoire, antispasmodique, antifongique et même anesthésiant local. En effet, en cas de rage de dents, il sera votre meilleur allié. Le girofle lutte contre l'halitose et désinfecte les plaies. Efficace en cas d'infections urinaires, de calculs rénaux ou de troubles digestifs comme l'aérophagie. Un ingrédient peu onéreux à garder bien au sec dans les placards de sa cuisine-pharmacie.

On finit avec une plante toujours originaire d'Asie mais qui cette fois-ci pousse aussi très bien chez nous, la badiane ou anis étoilé, à ne pas confondre avec l'anis vert. Elle n'est pas ancrée dans la tradition ayurvédique mais très présente dans la médecine chinoise, je l'ajoute tout de même à ma recette de thé indien épicé et revisité. Son goût anisé apporte un peu de fraicheur au thé noir et aux épices plus chaudes. La badiane est particulièrement reconnue pour ses propriétés stimulantes et carminatives,  conseillée en cas de ballonnements et de digestions difficiles. Il régule aussi les troubles de la tension artérielle et des pulsations cardiaques. La badiane est utilisée dans la pharmacopée occidentale pour obtenir un acide shikimique (j'y comprends pas grand chose mais le mot est mignon) qui sera ensuite transformé plusieurs fois pour obtenir une molécule active d'un médicament antigrippal (merci wiki).


Maintenant que vous avez sagement étudié les lunettes sur le nez, attrapez votre mortier et enfilez un tablier, je vous livre la recette de ce délicieux chaï, thé indien aux épices médicinales.

Chaï tea (pour 3 tasses)

- 10 graines de cardamome verte
- 7 clous de girofle
- 2 anis étoilés
- 1 bâton de cannelle
- 1 ou 2 cuillères à café de gingembre en poudre (ou 3 rondelles de gingembre frais... ça sera encore meilleur)
- 2 cuillères à café de thé noir
- 1 cuillère à soupe de miel (ou de sucre de coco)
- 1 tasse d'eau
- 2 tasses de lait (d'amandes, de coco ou de vache)

Préférez toujours les épices entières à celles réduites en poudre car les premières conservent bien mieux leurs propriétés médicinales. Traditionnellement, le chaï est fait avec du lait de vache mais vous pouvez tout aussi bien utiliser un lait végétal riche comme l'amande ou la noix de coco car dans l'Ayurveda, la matière grasse (le bon gras bien sûr) permet de bénéficier au mieux des vertus des plantes médicinales. Tout au long de la recette, veuillez à bien couvrir la casserole d'un couvercle pour éviter que les principes actifs ne s'échappent. Si vous optez pour la version frappée en été, vous vous régalerez tout en vous hydratant mais les bienfaits des plantes seront moins efficaces.

Commencez par écraser grossièrement toutes les épices au mortier. Faites bouillir l'eau et les épices à feu moyen pendant 10 minutes. À feu doux, ajoutez le thé noir puis le lait (préalablement chauffé à côté, c'est encore mieux), laissez infuser encore 5 bonnes minutes tout en veillant à ce que le lait ne déborde pas. Ajoutez le miel ou le sucre. Filtrez et servez bien chaud... ou très froid avec des glaçons en été, pour un chaï frappé.

Mieux qu'une simple pause café, c'est un vrai moment pour se faire du bien. Namasté!

Chaï tea et épices ayurvédiques

samedi 27 février 2016


Je me souviens encore très bien de la première fois que j'ai siroté un chaï, le thé indien au lait. Chaleureusement épicé et en même temps doux et onctueux, sucré et légèrement piquant, finalement ce chaï tea me rappelait plus la sensation (je dis bien sensation car le goût est totalement différent évidemment) d'un chocolat chaud que l'un des thés verts, blancs ou même noirs que j'avais pu goûté auparavant. J'avais 15 ans, c'était au bord de la mer, à un festival de rock progressif avec mon père (non ce n'était pas une rave party entre amis, j'étais très sage à l'époque) (je le suis toujours d'ailleurs) amoureux de l'Inde qui m'a initié à ce thé (et non à la bière) (trop rebelle l'ado). Voilà, j'aurai préféré vous faire rêver et vous dire que c'était en Inde pour apprendre le yoga et où j'étais la plus cool des surfeuses entourée de beaux et mystérieux hindous mais... ça devait être dans une autre vie! La loi du karma... J'ai quand même voyagé pas très loin, au Sri Lanka où l'Ayurveda, la médecine holistique traditionnelle d'origine indienne est également très pratiquée. D'ailleurs, une amie danoise et sri-lankaise m'a dit que dans la cuisine, on choisit telle épice pas spécialement pour son goût mais plutôt pour ses bienfaits thérapeutiques. Finalement, le chaï, très apprécié dans l'Inde du Sud, est aussi bon pour le palais que pour le corps et l'esprit. D'ailleurs, exceptionnellement les photos de voyage accompagnant le thé fumant ne sont pas de moi mais de mon papa, capturées ici et là en terre indienne. On voyage le temps d'une recette pour explorer ces épices ayurvédiques.


Commençons par le gingembre, bien connu de tous, tant pour ses atouts gustatifs que thérapeutiques. Il est aussi réputé que consommé dans toute l'Asie, notamment dans la tradition ayurvédique. En Occident, on retient surtout ses fameuses propriétés aphrodisiaques. L'ingrédient parfait pour s'envoyer en l'air est doté d'un effet antiémétique (limite les nausées et les vomissements) et sera votre meilleur allié contre le mal de transport, de mer ou de l'air (comment ça, vous aviez une image beaucoup plus sexy en tête?). Il est aussi antioxydant, anti-inflammatoire, antidouleurs, il favorise la digestion (contre les gaz intestinaux, ballonnements et les coliques) (sexy, on disait) et est très efficace contre les crampes menstruelles. Et je pense que je ne suis pas la seule ici à faire une bonne décoction de gingembre dès que la fatigue se ressent ou qu'un rhume pointe le bout de son nez car ce super aliment stimule le système immunitaire, tonifie et fortifie l'organisme et réchauffe le corps (tiens, tiens). Et pour la petite anecdote, lors de mon baptême de l'air en planeur, le fait de mâchouiller un bout de gingembre frais m'a permis de profiter sereinement de la vue vertigineuse sur des dizaines de lacs, des forêts immenses, la mer au loin et même de piloter comme une pro (dixit la fille qui panique au volant d'une voiture).

On a déjà parlé de la cannelle de Ceylan ici, j'insiste sur le fait qu'elle soit antiseptique, antivirale, antifongique, ce qui fait d'elle un aliment de choix avant le printemps, pile au moment où on a envie de se réchauffer avec un bon chaï latte.

Un autre condiment au goût très parfumé et sucré, la cardamome verte de la même famille que le gingembre et le curcuma (dont on parlera dans un prochain article) est considérée comme l'une des meilleures aides digestives dans l'Ayurveda. On l'utilise depuis des millénaires pour soigner les aigreurs gastriques, la mauvaise haleine, les flatulences, l'aérophagie, les coliques, les indigestions et les troubles respiratoires (asthmes et bronchites). Rien que ça. Et puis avec son goût suave, la cardamome stimule l'esprit et a des effets euphorisants.

Plus poivré, le clou de girofle, puissant antiseptique, remplace très bien notre thym local dans une bonne tisane lorsqu'on a attrapé froid. Il est anti-inflammatoire, antispasmodique, antifongique et même anesthésiant local. En effet, en cas de rage de dents, il sera votre meilleur allié. Le girofle lutte contre l'halitose et désinfecte les plaies. Efficace en cas d'infections urinaires, de calculs rénaux ou de troubles digestifs comme l'aérophagie. Un ingrédient peu onéreux à garder bien au sec dans les placards de sa cuisine-pharmacie.

On finit avec une plante toujours originaire d'Asie mais qui cette fois-ci pousse aussi très bien chez nous, la badiane ou anis étoilé, à ne pas confondre avec l'anis vert. Elle n'est pas ancrée dans la tradition ayurvédique mais très présente dans la médecine chinoise, je l'ajoute tout de même à ma recette de thé indien épicé et revisité. Son goût anisé apporte un peu de fraicheur au thé noir et aux épices plus chaudes. La badiane est particulièrement reconnue pour ses propriétés stimulantes et carminatives,  conseillée en cas de ballonnements et de digestions difficiles. Il régule aussi les troubles de la tension artérielle et des pulsations cardiaques. La badiane est utilisée dans la pharmacopée occidentale pour obtenir un acide shikimique (j'y comprends pas grand chose mais le mot est mignon) qui sera ensuite transformé plusieurs fois pour obtenir une molécule active d'un médicament antigrippal (merci wiki).


Maintenant que vous avez sagement étudié les lunettes sur le nez, attrapez votre mortier et enfilez un tablier, je vous livre la recette de ce délicieux chaï, thé indien aux épices médicinales.

Chaï tea (pour 3 tasses)

- 10 graines de cardamome verte
- 7 clous de girofle
- 2 anis étoilés
- 1 bâton de cannelle
- 1 ou 2 cuillères à café de gingembre en poudre (ou 3 rondelles de gingembre frais... ça sera encore meilleur)
- 2 cuillères à café de thé noir
- 1 cuillère à soupe de miel (ou de sucre de coco)
- 1 tasse d'eau
- 2 tasses de lait (d'amandes, de coco ou de vache)

Préférez toujours les épices entières à celles réduites en poudre car les premières conservent bien mieux leurs propriétés médicinales. Traditionnellement, le chaï est fait avec du lait de vache mais vous pouvez tout aussi bien utiliser un lait végétal riche comme l'amande ou la noix de coco car dans l'Ayurveda, la matière grasse (le bon gras bien sûr) permet de bénéficier au mieux des vertus des plantes médicinales. Tout au long de la recette, veuillez à bien couvrir la casserole d'un couvercle pour éviter que les principes actifs ne s'échappent. Si vous optez pour la version frappée en été, vous vous régalerez tout en vous hydratant mais les bienfaits des plantes seront moins efficaces.

Commencez par écraser grossièrement toutes les épices au mortier. Faites bouillir l'eau et les épices à feu moyen pendant 10 minutes. À feu doux, ajoutez le thé noir puis le lait (préalablement chauffé à côté, c'est encore mieux), laissez infuser encore 5 bonnes minutes tout en veillant à ce que le lait ne déborde pas. Ajoutez le miel ou le sucre. Filtrez et servez bien chaud... ou très froid avec des glaçons en été, pour un chaï frappé.

Mieux qu'une simple pause café, c'est un vrai moment pour se faire du bien. Namasté!

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