Suède

L'automne dernier, après avoir fait de le l'écovolontariat au fin fond des bois suédois, je continue mon aventure vers le Sud du pays où mes hôtes Una, Thomas, un chien, un chat, et une douzaine de poules se réveillent tous les matins face à la mer Baltique. Une fois de plus, aucune habitation à l'horizon, les voisins sont de mignons moutons ou plus loin des alpacas bien sympas. Il faut dire que ce site protégé est un petit coin de paradis pour les animaux (je garde l'espoir d'un jour apercevoir les fameux élans) et les amoureux de la nature entre la forêt, son roi, un chêne vieux de huit cents ans, les balades sur les rochers avec vue sur des dizaines d'îlots et des éoliennes lointaines.  Je ne sais pas si c'est ce cadre de vie idéal qui donne autant la patate à Una, mais du haut de ces 68 ans elle déborde d'énergie! Toujours le sourire aux lèvres, elle ramasse les pommes de terre à la vitesse de l'éclair, est au petit soin des poules tous les matins, cuisine divinement bien les courges à toutes les sauces (d'ailleurs les courges d'hiver sont totalement nouvelles pour les Suédois, ils les connaissaient déguisées pour Halloween mais pas dans l'assiette!) et elle maîtrise à la perfection le pain au levain au quotidien. Puis-je vous avouer que ses baguettes sont dorées juste comme il faut, que la mie est légère et aérée, que je me souviens parfaitement de la douce musique à mes oreilles lorsqu'on rompait le pain avec nos mains? Je ne vous ferai pas l'affront de vous livrer une recette de baguette made in Sweden mais voici les astuces pour réaliser le fameux pain au levain de Una, sans levure boulangère, il lève avec le temps et l'amour qu'on lui porte. Parfois, Una moud à la minute du blé local pour faire sa propre farine, fraiche et riche en nutriments. Très slow food et très très bon.


Pain au levain

Le levain, fermentation lactique (entre autre) d'un mélange de farine complète et d'eau, fut pendant très longtemps la seule manière de faire du pain. Son processus est plus lent que la levure (fermentation alcoolique) mais il est bien plus riche en nutriments et minéraux, beaucoup plus digeste, des études montrent que le pain au levain conviendrait même aux intolérants au gluten. La saveur du pain au levain est plus complexe (Una trouve lui trouve même quelque chose d'umami) et il se conserve longtemps, une bonne semaine et ne souffre pas de l'humidité. Plutôt difficile à trouver en boulangerie (le pain au levain demande plus de temps, de travail et est donc beaucoup plus cher à la fabrication), Una vous livre tous ses secrets.

9h00... bonjour!
-  2 bonnes cuillères à soupe levain (Kumiko nous avait expliqué comment donner vie au mélange ici)
- 4 dL de farine de seigle
- 4 dL de farine de blé complet T110
- 7 dL d'eau
Dans un saladier, mélanger les farines et ajouter l'eau petit à petit tout en mélangeant à l'aide d'une spatule, recouvrir avec un sac en plastique (éviter les torchons le mélange risque de s'assécher).

16h00 ... des petites bulles se forme, le levain fait effet, la pâte est vivante
- 1 cuillère à soupe de sel
- 10 dL de farine de blé T65
Ajouter le sel et la farine de blé et mélanger avec une spatule plate ou avec un batteur à crochets pétrisseurs, du bord vers le milieu. Recouvrir avec le sac plastique.

Toutes les 1 ou 2 heures...
Mélanger la pâte délicatement en ramenant les bords vers le milieu (si vous avez raté cette étape, cela devrait tout de même fonctionner)

20h00 ... la pâte a une belle texture et a prend la forme d'une boule
Sur un torchon propre, étaler de la farine. Verser la pâte à pain, former une belle boule, rabattre le torchon afin de la recouvrir complètement.  Laisser reposer le tout dans un panier rond (à défaut dans un saladier).

21h30 ... enfoncer légèrement un doigt dans la pâte, celle-ci regonfle rapidement, la pâte est prête
Mettre la pâte dans une marmite en fonte, signer la pâte au couteau. Mettre le tout avec le couvercle fermé au four préchauffé à 250 °C, pendant 40 minutes. Retirer le couvercle et laisser cuire encore 25 minutes à chaleur tournante.

Et voilà, le pain est prêt pour le petit déjeuner du lendemain!

Honnêtement, il n'a rien à voir avec le pain de campagne ou complet qu'on trouve en boulangerie, celui-ci a le goût du vrai pain, légèrement acidulé. C'est un vrai délice qui se marie à la perfection avec du beurre demi-sel et pourquoi pas un peu de miel ou de confiture à l'églantine.




Comment écrire le dernier billet scandinave sans parler du célèbre fika? Le goûter accompagné de café (ou plutôt le café accompagné d'un en-cas) a une importance toute particulière pour les suédois, à vrai dire il n'est pas rare qu'ils se donnent rendez-vous deux fois par jour, dans la matinée et dans l'après-midi. Le paradis pour les enfants (regardez cette petite bouille ravie)... mais pas que! Astrid met les mains à la pâte avec plaisir en compagnie de sa grand-mère pour cuisiner la viennoiserie nordique par excellence, j'ai nommé... le kanelbullar! On le retrouve dans toutes les boulangeries du pays et un jour spécial lui est consacré, le "national kanelbullar day" (comme quoi il n'y a pas que les français qui deviennent fous pour des douceurs sucrées!). Pour la petite histoire, les roulés à la cannelle en forme d'escargot sont la version traditionnelle, les brioches tressées sont arrivées après. Mais après tout, ça a le même goût (un goût de beurre, de sucre et de cannelle légèrement caramélisés...) (vous aussi, vous avez de la bave sur votre clavier?) et pour peu qu'il n'y a pas de réticents à la cannelle, je vous assure que ces brioches partiront comme des petits pains!

Kanelbullar ou brioches suédoises à la cannelle ( une bonne vingtaine)

Il existe deux types de cannelle, celle de Ceylan (cinnamomum verum) et celle de Chine (cinnamomum cassia) qui sont utilisées depuis très longtemps dans les médecines ayurvédique et chinoise. En effet, cette épice au goût sucré et si particulier est tonifiante, elle lutte contre les maux de gorge et les rhumes, favorise le transit intestinal, réduit les douleurs dentaires ainsi que le diabète de type 2. Des études montrent qu'elle ralentirait la progression de la maladie d'Alzheimer. Comme toute plante médicinale, elle est dotée de principes actifs et il ne faut pas en consommer en trop grande quantité. Attention, la cannelle de Chine contient de la coumarine, une substance naturelle aromatique qui est potentiellement toxique pour le foie. La cannelle originaire du Sri Lanka est donc à privilégier.

Pâte:
- 150g de beurre
- 25 cl de lait
- 25 cl d'eau froide
- 150g de sucre
- 850 g de farine de blé T45
- 1 cuillère à café de sel
- 25g de levure boulangère
- 10 g de cardamome (graines entières que l'on écrase au mortier)

Garniture:
- 150g de beurre mou
- 150g de sucre
- 20g de cannelle (ou de la cardamome pour transformer ces brioches en kardemummabullar)

Faire fondre le beurre à feu doux, ajouter le lait et l'eau et une fois que le mélange atteint les 35-40°C.   Verser le mélange dans un grand saladier et ajouter le sucre, le sel et la cardamome moulue. Mélanger. Ajouter la farine. Mélanger avec une spatule plate de l'extérieur vers le milieu ou avec un batteur à crochets. Laisser reposer la pâte recouverte d'un sac plastique pendant1h30 et mélanger une ou deux fois. Poser la pâte sur un plateau fariné. Malaxer et former une boule légèrement aplatie, attendre 10 à 30 minutes. Pendant ce temps, préparer la garniture, bien mélanger les morceaux de beurre mou, le sucre et la cannelle. Couper la boule de pâte en 4. Prendre une des 4 boule, pétrir puis à l'aide d'un rouleau pâtissier, étaler la pâte en formant rectangle plat et allongé (environ 0.7 cm d'épaisseur). Farine en dessous et au dessus. Étaler la garniture sur toute la surface puis rouler dans la longueur. Couper dans la largeur (ou serait-ce rouler dans la largeur et couper dans la longueur? je ne sais jamais, corrigez-moi s'il vous plait) et vous verrez quelques escargots se former. Poser chaque escargot dans un moule en papier deux ou trois fois plus large que l'escargot qui va grandir et gonfler à la cuisson. Enfourner pendant environ 15 minutes dans un four préchauffé à 225°C.

Voilà, vous avez de quoi régaler toute une tablée pour le petit-déjeuner et le goûter, j'espère que ce dernière aventure culinaire en Suède vous a plu. Merci à la souriante Una, à sa patience et son partage.

Fika avec Una - un goûter suédois

lundi 15 février 2016


L'automne dernier, après avoir fait de le l'écovolontariat au fin fond des bois suédois, je continue mon aventure vers le Sud du pays où mes hôtes Una, Thomas, un chien, un chat, et une douzaine de poules se réveillent tous les matins face à la mer Baltique. Une fois de plus, aucune habitation à l'horizon, les voisins sont de mignons moutons ou plus loin des alpacas bien sympas. Il faut dire que ce site protégé est un petit coin de paradis pour les animaux (je garde l'espoir d'un jour apercevoir les fameux élans) et les amoureux de la nature entre la forêt, son roi, un chêne vieux de huit cents ans, les balades sur les rochers avec vue sur des dizaines d'îlots et des éoliennes lointaines.  Je ne sais pas si c'est ce cadre de vie idéal qui donne autant la patate à Una, mais du haut de ces 68 ans elle déborde d'énergie! Toujours le sourire aux lèvres, elle ramasse les pommes de terre à la vitesse de l'éclair, est au petit soin des poules tous les matins, cuisine divinement bien les courges à toutes les sauces (d'ailleurs les courges d'hiver sont totalement nouvelles pour les Suédois, ils les connaissaient déguisées pour Halloween mais pas dans l'assiette!) et elle maîtrise à la perfection le pain au levain au quotidien. Puis-je vous avouer que ses baguettes sont dorées juste comme il faut, que la mie est légère et aérée, que je me souviens parfaitement de la douce musique à mes oreilles lorsqu'on rompait le pain avec nos mains? Je ne vous ferai pas l'affront de vous livrer une recette de baguette made in Sweden mais voici les astuces pour réaliser le fameux pain au levain de Una, sans levure boulangère, il lève avec le temps et l'amour qu'on lui porte. Parfois, Una moud à la minute du blé local pour faire sa propre farine, fraiche et riche en nutriments. Très slow food et très très bon.


Pain au levain

Le levain, fermentation lactique (entre autre) d'un mélange de farine complète et d'eau, fut pendant très longtemps la seule manière de faire du pain. Son processus est plus lent que la levure (fermentation alcoolique) mais il est bien plus riche en nutriments et minéraux, beaucoup plus digeste, des études montrent que le pain au levain conviendrait même aux intolérants au gluten. La saveur du pain au levain est plus complexe (Una trouve lui trouve même quelque chose d'umami) et il se conserve longtemps, une bonne semaine et ne souffre pas de l'humidité. Plutôt difficile à trouver en boulangerie (le pain au levain demande plus de temps, de travail et est donc beaucoup plus cher à la fabrication), Una vous livre tous ses secrets.

9h00... bonjour!
-  2 bonnes cuillères à soupe levain (Kumiko nous avait expliqué comment donner vie au mélange ici)
- 4 dL de farine de seigle
- 4 dL de farine de blé complet T110
- 7 dL d'eau
Dans un saladier, mélanger les farines et ajouter l'eau petit à petit tout en mélangeant à l'aide d'une spatule, recouvrir avec un sac en plastique (éviter les torchons le mélange risque de s'assécher).

16h00 ... des petites bulles se forme, le levain fait effet, la pâte est vivante
- 1 cuillère à soupe de sel
- 10 dL de farine de blé T65
Ajouter le sel et la farine de blé et mélanger avec une spatule plate ou avec un batteur à crochets pétrisseurs, du bord vers le milieu. Recouvrir avec le sac plastique.

Toutes les 1 ou 2 heures...
Mélanger la pâte délicatement en ramenant les bords vers le milieu (si vous avez raté cette étape, cela devrait tout de même fonctionner)

20h00 ... la pâte a une belle texture et a prend la forme d'une boule
Sur un torchon propre, étaler de la farine. Verser la pâte à pain, former une belle boule, rabattre le torchon afin de la recouvrir complètement.  Laisser reposer le tout dans un panier rond (à défaut dans un saladier).

21h30 ... enfoncer légèrement un doigt dans la pâte, celle-ci regonfle rapidement, la pâte est prête
Mettre la pâte dans une marmite en fonte, signer la pâte au couteau. Mettre le tout avec le couvercle fermé au four préchauffé à 250 °C, pendant 40 minutes. Retirer le couvercle et laisser cuire encore 25 minutes à chaleur tournante.

Et voilà, le pain est prêt pour le petit déjeuner du lendemain!

Honnêtement, il n'a rien à voir avec le pain de campagne ou complet qu'on trouve en boulangerie, celui-ci a le goût du vrai pain, légèrement acidulé. C'est un vrai délice qui se marie à la perfection avec du beurre demi-sel et pourquoi pas un peu de miel ou de confiture à l'églantine.




Comment écrire le dernier billet scandinave sans parler du célèbre fika? Le goûter accompagné de café (ou plutôt le café accompagné d'un en-cas) a une importance toute particulière pour les suédois, à vrai dire il n'est pas rare qu'ils se donnent rendez-vous deux fois par jour, dans la matinée et dans l'après-midi. Le paradis pour les enfants (regardez cette petite bouille ravie)... mais pas que! Astrid met les mains à la pâte avec plaisir en compagnie de sa grand-mère pour cuisiner la viennoiserie nordique par excellence, j'ai nommé... le kanelbullar! On le retrouve dans toutes les boulangeries du pays et un jour spécial lui est consacré, le "national kanelbullar day" (comme quoi il n'y a pas que les français qui deviennent fous pour des douceurs sucrées!). Pour la petite histoire, les roulés à la cannelle en forme d'escargot sont la version traditionnelle, les brioches tressées sont arrivées après. Mais après tout, ça a le même goût (un goût de beurre, de sucre et de cannelle légèrement caramélisés...) (vous aussi, vous avez de la bave sur votre clavier?) et pour peu qu'il n'y a pas de réticents à la cannelle, je vous assure que ces brioches partiront comme des petits pains!

Kanelbullar ou brioches suédoises à la cannelle ( une bonne vingtaine)

Il existe deux types de cannelle, celle de Ceylan (cinnamomum verum) et celle de Chine (cinnamomum cassia) qui sont utilisées depuis très longtemps dans les médecines ayurvédique et chinoise. En effet, cette épice au goût sucré et si particulier est tonifiante, elle lutte contre les maux de gorge et les rhumes, favorise le transit intestinal, réduit les douleurs dentaires ainsi que le diabète de type 2. Des études montrent qu'elle ralentirait la progression de la maladie d'Alzheimer. Comme toute plante médicinale, elle est dotée de principes actifs et il ne faut pas en consommer en trop grande quantité. Attention, la cannelle de Chine contient de la coumarine, une substance naturelle aromatique qui est potentiellement toxique pour le foie. La cannelle originaire du Sri Lanka est donc à privilégier.

Pâte:
- 150g de beurre
- 25 cl de lait
- 25 cl d'eau froide
- 150g de sucre
- 850 g de farine de blé T45
- 1 cuillère à café de sel
- 25g de levure boulangère
- 10 g de cardamome (graines entières que l'on écrase au mortier)

Garniture:
- 150g de beurre mou
- 150g de sucre
- 20g de cannelle (ou de la cardamome pour transformer ces brioches en kardemummabullar)

Faire fondre le beurre à feu doux, ajouter le lait et l'eau et une fois que le mélange atteint les 35-40°C.   Verser le mélange dans un grand saladier et ajouter le sucre, le sel et la cardamome moulue. Mélanger. Ajouter la farine. Mélanger avec une spatule plate de l'extérieur vers le milieu ou avec un batteur à crochets. Laisser reposer la pâte recouverte d'un sac plastique pendant1h30 et mélanger une ou deux fois. Poser la pâte sur un plateau fariné. Malaxer et former une boule légèrement aplatie, attendre 10 à 30 minutes. Pendant ce temps, préparer la garniture, bien mélanger les morceaux de beurre mou, le sucre et la cannelle. Couper la boule de pâte en 4. Prendre une des 4 boule, pétrir puis à l'aide d'un rouleau pâtissier, étaler la pâte en formant rectangle plat et allongé (environ 0.7 cm d'épaisseur). Farine en dessous et au dessus. Étaler la garniture sur toute la surface puis rouler dans la longueur. Couper dans la largeur (ou serait-ce rouler dans la largeur et couper dans la longueur? je ne sais jamais, corrigez-moi s'il vous plait) et vous verrez quelques escargots se former. Poser chaque escargot dans un moule en papier deux ou trois fois plus large que l'escargot qui va grandir et gonfler à la cuisson. Enfourner pendant environ 15 minutes dans un four préchauffé à 225°C.

Voilà, vous avez de quoi régaler toute une tablée pour le petit-déjeuner et le goûter, j'espère que ce dernière aventure culinaire en Suède vous a plu. Merci à la souriante Una, à sa patience et son partage.


Me revoilà chaussée de sabots suédois, un panier en osier rempli de baies d'églantier (encore!) dans une main, louchant sur une grosse marmite de soupe fumante. Oui, enfin presque. Après cette premiere cueillette sauvage suivie de tartines sucrées-acidulées et d'une infusion maison, je vous emmène en Suède pour préparer ce fameux cynorhodon d'une autre façon. C'est en faisant de l'éco-volontariat au fin fond des bois suédois que Björn évoque cette fameuse soupe d'églantine, très populaire particulièrement auprès des grands-mères, nommée nyponsoppa (non, non, ce n'est pas un bouillon japonais). Agrémentée d'une crème vegan ou d'une boule de glace, elle se déguste lors des longues soirées d'hiver à la lueur des nombreuses bougies présentes dans tout foyer suédois. Mais c'est à la maison, au pays du béret et de la baguette, plus précisément dans la région des mirabelles et exactement où l'on fabrique les bergamotes de Nancy, bien loin des forêts enneigées et des lacs glacés que j'ai mijoté ces baies d'églantier. D'habitude j'accompagne les recettes racontées par des photographies prises sur le moment et aux alentours, comme Hiromi entre la plage et la forêt, Kunihiko et les cerisiers en fleurs au château d'Okayama ou bien le célèbre jardin japonais Kōrakuen, mais aujourd'hui je déroge à la règle et poste quelques photos de septembre dernier dans la campagne suédoise, bien loin du réseau électrique, de l'eau courante, des hypermarchés et des monocultures.



Nyponsoppa - soupe suédoise aux églantines (pour 3 petits bols ou 2 grands gourmands)

- une tasse (25 cl) de cynorhodons séchés (frais, c'est très bien aussi, il faut juste augmenter la quantité à 35 cl)
- deux tasses et demie d'eau (60 cl) 
- une cuillère à soupe de fécule de pommes de terre (ou de mais) 
- deux ou trois cuillères à soupe de miel 
- une petite poignée de noisettes 
- deux cuillères à soupe de flocons d'avoine (facultatif, peut être remplacé par de la glace vanille) 
- une gousse de vanille ou de une cuillère à thé bombée de poudre de vanille si vous êtes aussi fauchés que moi (facultatif, seulement si vous choisissez de faire la crème d'avoine)


Commencez par laver les cynorhodons puis faites-les tremper dans l'eau pendant quelques heures. Crème glacée ou crème d'avoine vegan, il faut choisir votre camp. Si vous avez opté pour le plus léger, mixez les flocons d'avoine dans 10 cl d'eau, ajoutez la vanille, mélangez et laissez reposer une petite heure. La céréale et le liquide vont donner naissance à une texture épaisse, onctueuse, presque élastique. Faites cuire les églantines dans la même eau, et dès que celle-ci commence à frémir, laissez le tout à feu doux pendant 10 à 20 minutes. Pendant ce temps, concassez les noisettes. Lorsque les fruits sont cuits, réservez l'eau de cuisson et équeutez les petites baies (c'est plus rapide maintenant, une fois qu'elles sont ramollies). Passez les cynorhodons au moulin à légume, en choisissant la grille avec les trous les plus fins pour ne pas laisser passer le fameux poil à gratter (l'option mixeur et tamis est également envisageable). Si besoin, filtrez une seconde fois la purée avec un tamis. Remettez sur feu moyen la purée avec l'eau de cuisson, la fécule de pommes de terre diluée dans un peu d'eau, puis le miel, mélangez. Après 5 petites minutes, la soupe est prête à être servie un peu plus que tiède moins que brûlante, que ce soit avec une boule de glace ou une cuillère de crème d'avoine dans des notes vanillées, le tout parsemé de noisettes croquantes. Dégustez devant la cheminée ou en regardant la neige tomber.

J'espère que cet article de cuisine sauvage mêlée au voyage vous a plu, vous voilà prêts à affronter les grands froids et à accueillir le joli mois de février... d'ailleurs je vous souhaite (très, très en retard, veuillez m'excuser....) une belle année et une bonne santé.

Nyponsoppa au coeur de la forêt suédoise

mercredi 27 janvier 2016


Me revoilà chaussée de sabots suédois, un panier en osier rempli de baies d'églantier (encore!) dans une main, louchant sur une grosse marmite de soupe fumante. Oui, enfin presque. Après cette premiere cueillette sauvage suivie de tartines sucrées-acidulées et d'une infusion maison, je vous emmène en Suède pour préparer ce fameux cynorhodon d'une autre façon. C'est en faisant de l'éco-volontariat au fin fond des bois suédois que Björn évoque cette fameuse soupe d'églantine, très populaire particulièrement auprès des grands-mères, nommée nyponsoppa (non, non, ce n'est pas un bouillon japonais). Agrémentée d'une crème vegan ou d'une boule de glace, elle se déguste lors des longues soirées d'hiver à la lueur des nombreuses bougies présentes dans tout foyer suédois. Mais c'est à la maison, au pays du béret et de la baguette, plus précisément dans la région des mirabelles et exactement où l'on fabrique les bergamotes de Nancy, bien loin des forêts enneigées et des lacs glacés que j'ai mijoté ces baies d'églantier. D'habitude j'accompagne les recettes racontées par des photographies prises sur le moment et aux alentours, comme Hiromi entre la plage et la forêt, Kunihiko et les cerisiers en fleurs au château d'Okayama ou bien le célèbre jardin japonais Kōrakuen, mais aujourd'hui je déroge à la règle et poste quelques photos de septembre dernier dans la campagne suédoise, bien loin du réseau électrique, de l'eau courante, des hypermarchés et des monocultures.



Nyponsoppa - soupe suédoise aux églantines (pour 3 petits bols ou 2 grands gourmands)

- une tasse (25 cl) de cynorhodons séchés (frais, c'est très bien aussi, il faut juste augmenter la quantité à 35 cl)
- deux tasses et demie d'eau (60 cl) 
- une cuillère à soupe de fécule de pommes de terre (ou de mais) 
- deux ou trois cuillères à soupe de miel 
- une petite poignée de noisettes 
- deux cuillères à soupe de flocons d'avoine (facultatif, peut être remplacé par de la glace vanille) 
- une gousse de vanille ou de une cuillère à thé bombée de poudre de vanille si vous êtes aussi fauchés que moi (facultatif, seulement si vous choisissez de faire la crème d'avoine)


Commencez par laver les cynorhodons puis faites-les tremper dans l'eau pendant quelques heures. Crème glacée ou crème d'avoine vegan, il faut choisir votre camp. Si vous avez opté pour le plus léger, mixez les flocons d'avoine dans 10 cl d'eau, ajoutez la vanille, mélangez et laissez reposer une petite heure. La céréale et le liquide vont donner naissance à une texture épaisse, onctueuse, presque élastique. Faites cuire les églantines dans la même eau, et dès que celle-ci commence à frémir, laissez le tout à feu doux pendant 10 à 20 minutes. Pendant ce temps, concassez les noisettes. Lorsque les fruits sont cuits, réservez l'eau de cuisson et équeutez les petites baies (c'est plus rapide maintenant, une fois qu'elles sont ramollies). Passez les cynorhodons au moulin à légume, en choisissant la grille avec les trous les plus fins pour ne pas laisser passer le fameux poil à gratter (l'option mixeur et tamis est également envisageable). Si besoin, filtrez une seconde fois la purée avec un tamis. Remettez sur feu moyen la purée avec l'eau de cuisson, la fécule de pommes de terre diluée dans un peu d'eau, puis le miel, mélangez. Après 5 petites minutes, la soupe est prête à être servie un peu plus que tiède moins que brûlante, que ce soit avec une boule de glace ou une cuillère de crème d'avoine dans des notes vanillées, le tout parsemé de noisettes croquantes. Dégustez devant la cheminée ou en regardant la neige tomber.

J'espère que cet article de cuisine sauvage mêlée au voyage vous a plu, vous voilà prêts à affronter les grands froids et à accueillir le joli mois de février... d'ailleurs je vous souhaite (très, très en retard, veuillez m'excuser....) une belle année et une bonne santé.

Avant de rencontrer Anna en Suède, j'ai d'abord goûté à son velouté de patates douces, et oh il portait bien son nom, entre la douceur sucrée des patates, l'onctuosité du lait de coco, la fraicheur de la coriandre et la petite touche de paprika qui vient pimenter le tout, mmh quelle volupté ! Et puis Anna arrive, son visage est aussi doux que sa voix, le rythme des mots sortants de sa bouche est aussi paisible que ses gestes sont lents et gracieux ; elle respire la sérénité. Il faut dire qu'elle sort tout juste d'un sauna au bord d'un lac et au beau milieu d'une forêt suédoise, où l'on peut transpirer en toute tranquillité, puis faire un petit plongeon dans l'eau glacée bien fraiche, avant de retrouver la chaleur entre les murs de la petite cabane rouge chauffée au bois, et ainsi de suite à volonté. Ici il n'y a pas de voisin (enfin si des cygnes, des renards et des élans… bien cachés dans la forêt), pas de lumière artificielle, pas de pollution sonore, c'est l'endroit parfait pour observer les étoiles tout en écoutant le chant des oiseaux, des arbres, du vent, de l'eau. D'ailleurs, les suédois sont en général beaucoup plus connectés à la nature que nous les français, tous connaissent les petits noms des arbres et des oiseaux, célèbrent le solstice d'été et des jardins partagés fleurissent entre les immeubles. Anna vit en appartement, mais ça ne l'empêche pas d'aller aux champignons dans les forêts environnantes, de faire pousser de la stevia, du curcuma, un citronnier et plein d'autres jolies plantes en pots. Non seulement elle a la main verte mais en plus elle concocte des plats aussi bons pour le palais que pour la santé. Son domaine de prédilection est la raw food, vous savez ce nouveau régime alimentaire qui rassemble californiennes à tapis de yoga et bobos des bois, à base de green juices et de salades parsemées de graines de chia (je me moque mais je suis la première à mettre du kale ou du brocolis dans les smoothies et la randonnée + camping sauvage est une des mes activités favorites). Bon je sens qu'il y a quelques sceptiques parmi vous qui se disent « mais manger cru et tout le tralala, ça veut dire fini les fondants au chocolat et autres tartes meringuées ! », je vous rassure tout de suite le raw food ne bannit pas les plaisirs sucrés (juste les sucres raffinés) à vous les truffles crues aux dattes, amandes, cacao et noix de coco ! J'en ai goûté pour la première fois dans un bio et beau café entouré d'un potager et d'arbres fruitiers, là où Anna est nommée raw chef. Mais c'est bien dans son home sweet home que j'ai été accueillie avec ses amis et son petit bout de chou. Et une fois n'est pas coutume, je n'ai pas du tout suivi l'élaboration des mets concoctés, Anna avait déjà tout préparé mais m'a gentiment donné la recette de son dessert cacaoté et acidulé, à avaler tout cru !


Je suis très attachée aux coulisses d'un plat qui fait son entrée en scène; encore plus que les saveurs et textures du met joliment dressé sur une assiette, c'est son créateur qui m'intéresse, ses rêves, son histoire, sa façon de travailler. Vous vous doutez bien que si je choisis de partager ici cette rencontre culinaire, ce n'est pas pour rien. Anna est passionnée par son métier, elle parle des ses petites créations avec des étoiles plein les yeux. Autant que le goût, elle privilégie la santé, la sienne, celle de ses proches et celle de la planète, les ingrédients peuvent venir des jardins voisins, d'autres sont plus exotiques mais toujours biologiques. Ici, le côté sucré et acidulé du citron vert se marie parfaitement avec l'amertume du cacao et la douceur de l'avocat. Pas de beurre, pas d'oeuf, pas de sucre blanc et encore moins de farine de blé, cette recette conviendra autant aux végétaliens qu'aux intélorants au gluten ou juste à ceux qui veulent prendre soin d'eux. Et c'est pas parce que c'est sain que ça manque de saveur, loin de là, fondant et croquant, ce gâteau est un véritable cadeau pour les papilles, l'extase dès la première bouchée, j'en ai ramené une part pour le lendemain et je ne m'en remettais toujours pas (quoi ? qui a dit que j'étais un estomac sur pattes?). Bon, assez bavardé, voici la recette.


Raw cake au cacao et citron vert

La recette est décomposée en 3 couches, 3 étapes, avec un topping en bonus (et c'est tellement bon que j'en perds mon français).

La base, première couche :
- 1,5 dL amandes entières (les faire tremper une nuit dans l'eau, elles sont beaucoup plus digestes et donnent tout le meilleur d'elles-mêmes)
- 1 dL de noix de coco râpée
- 14 dattes medjool (ce sont les meilleures, très tendres et sucrées, mais si comme moi vous êtes fauchés, une petite vingtaine de dattes deglet à réhydrater dans un peu d'eau fera l'affaire)
- 1,5 dL de cacao cru (sans sucres)
Mixons bien les amandes puis les dattes, ajoutons le cacao et la noix de coco et mélangeons bien. Étalons ce mélange au fond d'un moule démoulable, bien tasser et placer au congélateur une heure ou deux.

La cajo(u)lée, couche intermédiaire:
- 4 avocats bien mûrs
- 1,5 dL de cacao cru
- le jus et le zeste d'un citron vert
- 2 gousses de vanille
- 1 dL de sirop d'agave
- 1 dL de beurre de noix de cajou (laissons tremper des noix de cajou une nuit, puis mixons les jusqu'à obtenir un mélange soyeux)
Mixons les avocats puis le beurre de noix cajou, le sirop d'agave, le cacao, la vanille et enfin le jus et zestes de citron vert. Le mélange doit être très onctueux. Etalons et lissons le mélange au dessus de la première couche, avant de replacer le moule au congélateur, au moins 12 heures.

La croquante, couche supérieure:
- 120 g d'huile de coco
- 1,5 dL de cacao cru
- une pincée de sel
- 1,25 dL de sirop d'agave
- 1 citron vert, le jus et le zeste
- 1 dL amandes
Mettons l'huile de coco dans un récipient, celui-ci dans un bol d'eau chaude (mais pas brûlante) pour qu'il devienne liquide, ajoutons les amandes (préalablement mixées longuement et réduites en purée), le sirop d'agave, le cacao, le jus et zeste de citron vert et le sel, mixons et mélangeons bien pour obtenir une mixture lisse et brillante et faisons couler le mélange au dessus des deux premières couches. La couche supérieure doit être bien lisse. Replaçons le tout au congélateur au moins 24 heures ou plusieurs semaines, très pratique quand on a des invités à l'improviste.

Topping :
- amandes concassés
- fèves de cacao non torréfiées
- noix de coco râpée
- fruits et fleurs de saison que nous pouvons ramasser lors de notre prochaine promenade (ici myrtilles, airelles et fleurs de trèfles)
Sortons le gâteau du congélateur une heure avant sa dégustation (en fonction de la température, il se déguste frais mais pas congelé). Faisons confiance à la nature et laissons parler notre créativité pour décorer l'entremet.

Vous l'avez remarqué, Anna est très consciencieuse des aliments qu'elle utilise, car en plus d'être chef elle a également un diplôme de nutritionniste. Les aliments santé ou la « super food » elle y connaît un rayon et ne se contente pas d'en acheter à l'épicerie bio du coin. C'est dans la fôret qu'elle va à la recherche de chaga, inonotus obliquus de son nom latin, ou encore le « don des Dieux » comme disent les Sibériens, un nom bien prometteur et une liste de nutriments à en faire pâlir n'importe quelle baie rouge. Ce champignon est très réputé pour combattre de nombreuses maladies et augmenter la longévité. J'ai eu la chance d'en voir un avec Björn (hej hej!) dans la forêt, il parasite les bouleaux et ressemble à du charbon de bois brûlé. Anna fait bouillir quelques morceaux de chaga séché et en fait un thé aussi foncé que riche en anti-oxydants. Une autre boisson aux milles et une vertus qu'elle concocte est le kombucha, obtenu par l'association d'une culture de bactéries, un gros champignon banc et visqueux qui grandit, grandit, grandit, de thé (ici à l'hibiscus) et de sucre roux. Après avoir laissé le tout fermenter dans les règles de l'art, vous obtiendrez une boisson acide (le goût se rapprochant un peu du vinaigre), sucrée (presque alcoolisée!), pétillante (naturellement) et excellente pour la santé (évidement!) notamment pour soigner les problèmes de digestion et de flore intestinale. Pourtant, ça ne ressemble en rien à un médicament, c'est coloré, c'est fruité, Anna y rajoute même du gingembre, des baies d'aronia ou des fraises des bois. Santé !

Grand cru avec Anna

jeudi 10 décembre 2015


Avant de rencontrer Anna en Suède, j'ai d'abord goûté à son velouté de patates douces, et oh il portait bien son nom, entre la douceur sucrée des patates, l'onctuosité du lait de coco, la fraicheur de la coriandre et la petite touche de paprika qui vient pimenter le tout, mmh quelle volupté ! Et puis Anna arrive, son visage est aussi doux que sa voix, le rythme des mots sortants de sa bouche est aussi paisible que ses gestes sont lents et gracieux ; elle respire la sérénité. Il faut dire qu'elle sort tout juste d'un sauna au bord d'un lac et au beau milieu d'une forêt suédoise, où l'on peut transpirer en toute tranquillité, puis faire un petit plongeon dans l'eau glacée bien fraiche, avant de retrouver la chaleur entre les murs de la petite cabane rouge chauffée au bois, et ainsi de suite à volonté. Ici il n'y a pas de voisin (enfin si des cygnes, des renards et des élans… bien cachés dans la forêt), pas de lumière artificielle, pas de pollution sonore, c'est l'endroit parfait pour observer les étoiles tout en écoutant le chant des oiseaux, des arbres, du vent, de l'eau. D'ailleurs, les suédois sont en général beaucoup plus connectés à la nature que nous les français, tous connaissent les petits noms des arbres et des oiseaux, célèbrent le solstice d'été et des jardins partagés fleurissent entre les immeubles. Anna vit en appartement, mais ça ne l'empêche pas d'aller aux champignons dans les forêts environnantes, de faire pousser de la stevia, du curcuma, un citronnier et plein d'autres jolies plantes en pots. Non seulement elle a la main verte mais en plus elle concocte des plats aussi bons pour le palais que pour la santé. Son domaine de prédilection est la raw food, vous savez ce nouveau régime alimentaire qui rassemble californiennes à tapis de yoga et bobos des bois, à base de green juices et de salades parsemées de graines de chia (je me moque mais je suis la première à mettre du kale ou du brocolis dans les smoothies et la randonnée + camping sauvage est une des mes activités favorites). Bon je sens qu'il y a quelques sceptiques parmi vous qui se disent « mais manger cru et tout le tralala, ça veut dire fini les fondants au chocolat et autres tartes meringuées ! », je vous rassure tout de suite le raw food ne bannit pas les plaisirs sucrés (juste les sucres raffinés) à vous les truffles crues aux dattes, amandes, cacao et noix de coco ! J'en ai goûté pour la première fois dans un bio et beau café entouré d'un potager et d'arbres fruitiers, là où Anna est nommée raw chef. Mais c'est bien dans son home sweet home que j'ai été accueillie avec ses amis et son petit bout de chou. Et une fois n'est pas coutume, je n'ai pas du tout suivi l'élaboration des mets concoctés, Anna avait déjà tout préparé mais m'a gentiment donné la recette de son dessert cacaoté et acidulé, à avaler tout cru !


Je suis très attachée aux coulisses d'un plat qui fait son entrée en scène; encore plus que les saveurs et textures du met joliment dressé sur une assiette, c'est son créateur qui m'intéresse, ses rêves, son histoire, sa façon de travailler. Vous vous doutez bien que si je choisis de partager ici cette rencontre culinaire, ce n'est pas pour rien. Anna est passionnée par son métier, elle parle des ses petites créations avec des étoiles plein les yeux. Autant que le goût, elle privilégie la santé, la sienne, celle de ses proches et celle de la planète, les ingrédients peuvent venir des jardins voisins, d'autres sont plus exotiques mais toujours biologiques. Ici, le côté sucré et acidulé du citron vert se marie parfaitement avec l'amertume du cacao et la douceur de l'avocat. Pas de beurre, pas d'oeuf, pas de sucre blanc et encore moins de farine de blé, cette recette conviendra autant aux végétaliens qu'aux intélorants au gluten ou juste à ceux qui veulent prendre soin d'eux. Et c'est pas parce que c'est sain que ça manque de saveur, loin de là, fondant et croquant, ce gâteau est un véritable cadeau pour les papilles, l'extase dès la première bouchée, j'en ai ramené une part pour le lendemain et je ne m'en remettais toujours pas (quoi ? qui a dit que j'étais un estomac sur pattes?). Bon, assez bavardé, voici la recette.


Raw cake au cacao et citron vert

La recette est décomposée en 3 couches, 3 étapes, avec un topping en bonus (et c'est tellement bon que j'en perds mon français).

La base, première couche :
- 1,5 dL amandes entières (les faire tremper une nuit dans l'eau, elles sont beaucoup plus digestes et donnent tout le meilleur d'elles-mêmes)
- 1 dL de noix de coco râpée
- 14 dattes medjool (ce sont les meilleures, très tendres et sucrées, mais si comme moi vous êtes fauchés, une petite vingtaine de dattes deglet à réhydrater dans un peu d'eau fera l'affaire)
- 1,5 dL de cacao cru (sans sucres)
Mixons bien les amandes puis les dattes, ajoutons le cacao et la noix de coco et mélangeons bien. Étalons ce mélange au fond d'un moule démoulable, bien tasser et placer au congélateur une heure ou deux.

La cajo(u)lée, couche intermédiaire:
- 4 avocats bien mûrs
- 1,5 dL de cacao cru
- le jus et le zeste d'un citron vert
- 2 gousses de vanille
- 1 dL de sirop d'agave
- 1 dL de beurre de noix de cajou (laissons tremper des noix de cajou une nuit, puis mixons les jusqu'à obtenir un mélange soyeux)
Mixons les avocats puis le beurre de noix cajou, le sirop d'agave, le cacao, la vanille et enfin le jus et zestes de citron vert. Le mélange doit être très onctueux. Etalons et lissons le mélange au dessus de la première couche, avant de replacer le moule au congélateur, au moins 12 heures.

La croquante, couche supérieure:
- 120 g d'huile de coco
- 1,5 dL de cacao cru
- une pincée de sel
- 1,25 dL de sirop d'agave
- 1 citron vert, le jus et le zeste
- 1 dL amandes
Mettons l'huile de coco dans un récipient, celui-ci dans un bol d'eau chaude (mais pas brûlante) pour qu'il devienne liquide, ajoutons les amandes (préalablement mixées longuement et réduites en purée), le sirop d'agave, le cacao, le jus et zeste de citron vert et le sel, mixons et mélangeons bien pour obtenir une mixture lisse et brillante et faisons couler le mélange au dessus des deux premières couches. La couche supérieure doit être bien lisse. Replaçons le tout au congélateur au moins 24 heures ou plusieurs semaines, très pratique quand on a des invités à l'improviste.

Topping :
- amandes concassés
- fèves de cacao non torréfiées
- noix de coco râpée
- fruits et fleurs de saison que nous pouvons ramasser lors de notre prochaine promenade (ici myrtilles, airelles et fleurs de trèfles)
Sortons le gâteau du congélateur une heure avant sa dégustation (en fonction de la température, il se déguste frais mais pas congelé). Faisons confiance à la nature et laissons parler notre créativité pour décorer l'entremet.

Vous l'avez remarqué, Anna est très consciencieuse des aliments qu'elle utilise, car en plus d'être chef elle a également un diplôme de nutritionniste. Les aliments santé ou la « super food » elle y connaît un rayon et ne se contente pas d'en acheter à l'épicerie bio du coin. C'est dans la fôret qu'elle va à la recherche de chaga, inonotus obliquus de son nom latin, ou encore le « don des Dieux » comme disent les Sibériens, un nom bien prometteur et une liste de nutriments à en faire pâlir n'importe quelle baie rouge. Ce champignon est très réputé pour combattre de nombreuses maladies et augmenter la longévité. J'ai eu la chance d'en voir un avec Björn (hej hej!) dans la forêt, il parasite les bouleaux et ressemble à du charbon de bois brûlé. Anna fait bouillir quelques morceaux de chaga séché et en fait un thé aussi foncé que riche en anti-oxydants. Une autre boisson aux milles et une vertus qu'elle concocte est le kombucha, obtenu par l'association d'une culture de bactéries, un gros champignon banc et visqueux qui grandit, grandit, grandit, de thé (ici à l'hibiscus) et de sucre roux. Après avoir laissé le tout fermenter dans les règles de l'art, vous obtiendrez une boisson acide (le goût se rapprochant un peu du vinaigre), sucrée (presque alcoolisée!), pétillante (naturellement) et excellente pour la santé (évidement!) notamment pour soigner les problèmes de digestion et de flore intestinale. Pourtant, ça ne ressemble en rien à un médicament, c'est coloré, c'est fruité, Anna y rajoute même du gingembre, des baies d'aronia ou des fraises des bois. Santé !

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