WILD FOOD
Les journées rallongent, le soleil brille plus fort et nous offre sa puissante énergie. On fait le plein de vitamine D et n'oublions pas de nous hydrater. Après le lassi au coquelicot, on continue dans les boissons fleuries avec le fameux sureau noir, un arbrisseau (plusieurs tiges à la base) ou un arbre (un seul tronc) qui peut s'élancer jusqu'à 10 mètre de haut.
Ses jolies ombrelles de fleurs blanches à l'odeur musquée (ses feuilles ont une parfum beaucoup plus fort et désagréable) parsèment les haies, les lisières des bois et les jardins durant les mois de mai et juin. En septembre, on peut également récolter ses baies, comestibles, une fois cuites. Attention à ne pas le confondre avec le sureau hièble (Sambucus ebulus) qui est toxique, pour éviter toute confusion je vous invite à visiter cette page de l'Université de Biologie de Lyon où est sont présentés et différenciés trois différentes espèces de sureaux.
Ses jolies ombrelles de fleurs blanches à l'odeur musquée (ses feuilles ont une parfum beaucoup plus fort et désagréable) parsèment les haies, les lisières des bois et les jardins durant les mois de mai et juin. En septembre, on peut également récolter ses baies, comestibles, une fois cuites. Attention à ne pas le confondre avec le sureau hièble (Sambucus ebulus) qui est toxique, pour éviter toute confusion je vous invite à visiter cette page de l'Université de Biologie de Lyon où est sont présentés et différenciés trois différentes espèces de sureaux.
Son nom scientifique Sambucus nigra vient du grec sambukê qui signifie flûte car ses rameaux creux servaient à fabriquer des instruments de musique, notamment la fameuse flûte enchantée des légendes germaniques. Les druides communiquaient avec l'âme des disparus grâce en jouant de la flûte en bois de sureaun, arbre associé à la mort et la renaissance dans la tradition celtique. Le sureau est riche d'histoires et de croyances, on dit que des fées viendraient se réfugier dans ses pétales. On le plantait près des maisons car il était considéré comme protecteur et porte bonheur. Un arbre magique!
Alors pourquoi s'en priver, délectons-nous de la saveur de ses délicates fleurs avec deux boissons: la pétillante limonade des fées et le sirop de sureau à la saveur inimitable. Prenons un panier en osier et allons à la cueillette sauvage (ou pas) des corymbes de fleurs de sureau, voici deux recettes très simples pour commencer à découvrir et cuisiner les plantes sauvages et comestibles.
Sirop de fleurs de sureau
- 10 corymbes de fleurs de sureau
- 1,7 kg de sucre non raffiné
- 1 citron
- 1 litre d'eau
Ôtez les pédoncules (tiges) des corymbes de fleurs. Coupez le citron en rondelles.
Chauffer le mélange de sureau, le citron et l'eau à environ 80°C (de toutes petites bulles apparaissent à la surface) puis laissez infuser hors du feu pendant 20 minutes.
Chauffer le mélange de sureau, le citron et l'eau à environ 80°C (de toutes petites bulles apparaissent à la surface) puis laissez infuser hors du feu pendant 20 minutes.
Filtrez, ajouter le sucre et portez à tout petit bouillon pendant 10 minutes.
Versez dans des bouteilles stérilisées.
Versez dans des bouteilles stérilisées.
Se conserve au réfrigérateur une fois la bouteille ouverte.
Pétillant des fées
- 1,5 litres d'eau
- 7 corymbes de fleurs de sureau
- 150g de sucre non raffiné
- 1 citron
Ôtez les pédoncules (tiges) des corymbes de fleurs. Coupez le citron en rondelles.
Dans un bocal en verre transparent, ajoutez le sureau, le citron, le sucre et l'eau et mélangez.
Recouvrez le bocal d'une étamine ou un tissu, bocal fermé avec un élastique afin que l'air circule et que les petites bêtes ne rentrent pas. Laissez macérer pendant 3 à 5 jours (selon les températures) en plein soleil . C'est de la magie (ou de la fermentation), ce mélange est devenu pétillant et délicieusement parfumé. Filtrez et mettre en bouteille (avec bouchons à vis pour éviter toute explosion).
Pétillant des fées
- 1,5 litres d'eau
- 7 corymbes de fleurs de sureau
- 150g de sucre non raffiné
- 1 citron
Ôtez les pédoncules (tiges) des corymbes de fleurs. Coupez le citron en rondelles.
Dans un bocal en verre transparent, ajoutez le sureau, le citron, le sucre et l'eau et mélangez.
Recouvrez le bocal d'une étamine ou un tissu, bocal fermé avec un élastique afin que l'air circule et que les petites bêtes ne rentrent pas. Laissez macérer pendant 3 à 5 jours (selon les températures) en plein soleil . C'est de la magie (ou de la fermentation), ce mélange est devenu pétillant et délicieusement parfumé. Filtrez et mettre en bouteille (avec bouchons à vis pour éviter toute explosion).
Dégustez quand vous voulez, cette boisson doit se garder au moins plusieurs mois.
On peut également faire un sirop avec les baies du sureau noir, très bon stimuler l'immunité en hiver, je vous invite à visiter le blog de l'herbaliste Christophe Bernard pour en savoir plus sur les propriétés médicinales des fleurs de sureau.
On est encore en pleine saison de la floraison du sureau noir, j'espère que ça vous a donné envie de partir en cueillette sauvage et de cuisiner, le sureau offre mille possibilités! J'ai beaucoup aimé le marier avec les framboises dans un gâteau à l'amande, on peut aussi l'ajouter pour parfumer des boissons fermentées comme le kéfir ou simplement sécher les fleurs pour les tisanes d'hiver.
Fleurs de sureau et boissons des fées
jeudi 7 juin 2018
Les journées rallongent, le soleil brille plus fort et nous offre sa puissante énergie. On fait le plein de vitamine D et n'oublions pas de nous hydrater. Après le lassi au coquelicot, on continue dans les boissons fleuries avec le fameux sureau noir, un arbrisseau (plusieurs tiges à la base) ou un arbre (un seul tronc) qui peut s'élancer jusqu'à 10 mètre de haut.
Ses jolies ombrelles de fleurs blanches à l'odeur musquée (ses feuilles ont une parfum beaucoup plus fort et désagréable) parsèment les haies, les lisières des bois et les jardins durant les mois de mai et juin. En septembre, on peut également récolter ses baies, comestibles, une fois cuites. Attention à ne pas le confondre avec le sureau hièble (Sambucus ebulus) qui est toxique, pour éviter toute confusion je vous invite à visiter cette page de l'Université de Biologie de Lyon où est sont présentés et différenciés trois différentes espèces de sureaux.
Ses jolies ombrelles de fleurs blanches à l'odeur musquée (ses feuilles ont une parfum beaucoup plus fort et désagréable) parsèment les haies, les lisières des bois et les jardins durant les mois de mai et juin. En septembre, on peut également récolter ses baies, comestibles, une fois cuites. Attention à ne pas le confondre avec le sureau hièble (Sambucus ebulus) qui est toxique, pour éviter toute confusion je vous invite à visiter cette page de l'Université de Biologie de Lyon où est sont présentés et différenciés trois différentes espèces de sureaux.
Son nom scientifique Sambucus nigra vient du grec sambukê qui signifie flûte car ses rameaux creux servaient à fabriquer des instruments de musique, notamment la fameuse flûte enchantée des légendes germaniques. Les druides communiquaient avec l'âme des disparus grâce en jouant de la flûte en bois de sureaun, arbre associé à la mort et la renaissance dans la tradition celtique. Le sureau est riche d'histoires et de croyances, on dit que des fées viendraient se réfugier dans ses pétales. On le plantait près des maisons car il était considéré comme protecteur et porte bonheur. Un arbre magique!
Alors pourquoi s'en priver, délectons-nous de la saveur de ses délicates fleurs avec deux boissons: la pétillante limonade des fées et le sirop de sureau à la saveur inimitable. Prenons un panier en osier et allons à la cueillette sauvage (ou pas) des corymbes de fleurs de sureau, voici deux recettes très simples pour commencer à découvrir et cuisiner les plantes sauvages et comestibles.
Sirop de fleurs de sureau
- 10 corymbes de fleurs de sureau
- 1,7 kg de sucre non raffiné
- 1 citron
- 1 litre d'eau
Ôtez les pédoncules (tiges) des corymbes de fleurs. Coupez le citron en rondelles.
Chauffer le mélange de sureau, le citron et l'eau à environ 80°C (de toutes petites bulles apparaissent à la surface) puis laissez infuser hors du feu pendant 20 minutes.
Chauffer le mélange de sureau, le citron et l'eau à environ 80°C (de toutes petites bulles apparaissent à la surface) puis laissez infuser hors du feu pendant 20 minutes.
Filtrez, ajouter le sucre et portez à tout petit bouillon pendant 10 minutes.
Versez dans des bouteilles stérilisées.
Versez dans des bouteilles stérilisées.
Se conserve au réfrigérateur une fois la bouteille ouverte.
Pétillant des fées
- 1,5 litres d'eau
- 7 corymbes de fleurs de sureau
- 150g de sucre non raffiné
- 1 citron
Ôtez les pédoncules (tiges) des corymbes de fleurs. Coupez le citron en rondelles.
Dans un bocal en verre transparent, ajoutez le sureau, le citron, le sucre et l'eau et mélangez.
Recouvrez le bocal d'une étamine ou un tissu, bocal fermé avec un élastique afin que l'air circule et que les petites bêtes ne rentrent pas. Laissez macérer pendant 3 à 5 jours (selon les températures) en plein soleil . C'est de la magie (ou de la fermentation), ce mélange est devenu pétillant et délicieusement parfumé. Filtrez et mettre en bouteille (avec bouchons à vis pour éviter toute explosion).
Pétillant des fées
- 1,5 litres d'eau
- 7 corymbes de fleurs de sureau
- 150g de sucre non raffiné
- 1 citron
Ôtez les pédoncules (tiges) des corymbes de fleurs. Coupez le citron en rondelles.
Dans un bocal en verre transparent, ajoutez le sureau, le citron, le sucre et l'eau et mélangez.
Recouvrez le bocal d'une étamine ou un tissu, bocal fermé avec un élastique afin que l'air circule et que les petites bêtes ne rentrent pas. Laissez macérer pendant 3 à 5 jours (selon les températures) en plein soleil . C'est de la magie (ou de la fermentation), ce mélange est devenu pétillant et délicieusement parfumé. Filtrez et mettre en bouteille (avec bouchons à vis pour éviter toute explosion).
Dégustez quand vous voulez, cette boisson doit se garder au moins plusieurs mois.
On peut également faire un sirop avec les baies du sureau noir, très bon stimuler l'immunité en hiver, je vous invite à visiter le blog de l'herbaliste Christophe Bernard pour en savoir plus sur les propriétés médicinales des fleurs de sureau.
On est encore en pleine saison de la floraison du sureau noir, j'espère que ça vous a donné envie de partir en cueillette sauvage et de cuisiner, le sureau offre mille possibilités! J'ai beaucoup aimé le marier avec les framboises dans un gâteau à l'amande, on peut aussi l'ajouter pour parfumer des boissons fermentées comme le kéfir ou simplement sécher les fleurs pour les tisanes d'hiver.
Le temps passe à une vitesse folle, voilà plus de deux saisons que je n'ai pas écrit par ici, pourtant j'aime toujours autant me munir d'un petit panier en osier et de sacs en coton pour partir à la recherche de plantes sauvages comestibles et médicinales, essayer de les reconnaître, apprendre quelques noms botaniques, les admirer, les voire évoluer au fil des saisons et puis les cuisiner évidemment. Pour ce retour par ici, je reste fidèle au thème wild food avec une petite cueillette et recette à base d'asperges des bois. Premièrement, pour éviter toute confusion, l'asperge des bois n'est pas botaniquement parlant une asperge, même si elle de la même famille (Asparagacées) elle n'est pas du même genre (Ornithogalum versus Asparagus) que les asperges cultivées blanches ou vertes que l'on retrouve sur les étals du (super)marché ni avec les asperges sauvages que je cueillais en Provence (famille des Asparagacées). L'asperge des bois doit son nom seulement à sa forme proche de celle de l'asperge, on l'appelle également aspergette et son petit nom latin est Ornithogalum pyrenaicum de la famille Liliacées. L'aspergette pousse dans les prairies, les sous-bois et les clairières durant les mois de mai et juin dans presque toute la France. C'est d'ailleurs par hasard que je suis tombée sur la première pousse lors d'une promenade en forêt, sur un petit chemin un peu plus aéré et ensoleillé. Ensuite, la chasse à l'asperge a continué dans les bois, une par ci une par là au début puis ensuite un sol riche et frais parsemé par des centaines d'asperges, la folie m'a gagné... et mon panier s'est rempli! Mais attention, j'ai lu ensuite que l'ornithogale des Pyrénées est une espèce protégée dans le Nord-Pas-de-Calais, en Alsace, Aquitaine, Haute-Normandie et Picardie alors attention la cueillette y est interdite pour éviter qu'elle ne disparaisse de certaines régions, car ce sont en fait les épis floraux qu'on consomme, avant qu'ils ne fleurissent et donnent des graines afin de maintenir leur population et favoriser leur propagation. Pour les autres régions, je vous conseille la cueillette de l'aspergette on peut difficilement se tromper durant la cueillette et elle est délicieuse dans l'assiette, à peine blanchie et bien croquante, au goût subtil proche du petit pois, elle se déguste en salade, dans des pâtes ou bon un risotto, les possibilités sont nombreuses et c'est une recette de tarte salée que je vous propose aujourd'hui avec du fromage de chèvre et une autre plante sauvage et hautement médicinale du printemps, l'ortie, très riche en fer. Je vous livre la recette savoureuse et très facile pour commencer à cuisiner les plantes sauvages.
Quiche aux asperges bois, orties et fromage de chèvre
Pâte à tarte brisée à l'ortie
- 220 grammes de farine de blé complet
- 1 demie cuillère à café de sel marin
- 3 cuillères à café de poudre d'ortie (orties séchées et pillées au mortier ou dans les épiceries bio)
- 5 cl d'huile d'olive
- 10 cl d'eau
- une petite poignée de graines de lin
- un petit oignon
La veille au soir ou quelques heures avant la cuisson, mélanger la farine, le sel et la poudre d'ortie dans un grand saladier. Ajouter petit à petit l'huile d'olive en mélangeant bien. Ajouter de l'eau au fur et à mesure en mélangeant bien avec une une cuillère en bois ou encore mieux avec les doigts. En fonction de la farine, on peut mettre plus ou moins d'eau, ne pas mettre forcément toute l'eau et arrêter lorsque la pâte a la texture idéale, ni trop sèche, ni trop collante. Pétrir la pâte et former une boule. Recouvrir d'un torchon propre et laisser reposer quelques heures ou tout une nuit.
Appareil à quiche
- 400 grammes de fromage blanc au lait de brebis
- 3 oeufs
- une buche de fromage de chèvre
- une belle botte d'asperges des bois
- un oignon
- une petite poignée de graines de lin
- sel marin, poivre noir
Le lendemain, pétrir rapidement la pâte, l'étaler à l'aide d'un rouleau pâtissier, la disposer dans un moule à tarte préalablement huilé et fariné. Parsemer la pâte de graines de lin. La trouer à l'aide d'une fourchette. Hacher l'oignon et répartir sur la pâte brisée. La faire cuire à blanc pendant 10 minutes dans un four préchauffé à 180 degrés.
Laver les asperges des bois dans une eau légèrement vinaigrée. Les blanchir 2 minutes dans de l'eau bouillante salée, égoutter et les plonger dans de l'eau bien froide.
Dans un saladier mélanger le fromage blanc, les oeufs, le sel, le poivre. Couper la bûche de fromage de chèvre en fine rondelle, répartir sur la pâte à tarte, ajouter l'appareil puis les aspergettes et un peu de fromage de chèvre. Enfourner la tarte salée pendant 40 minutes.
L'odeur de la cuisson met l'eau à la bouche, la tarte salée aux asperges des bois et aux orties se déguste aussi bien chaude en sortant du four ou froide lors d'un piquenique, elle garde son croustillant. Cette recette permet de faire découvrir deux plantes sauvages et comestibles de la forêt, l'aspergette et l'ortie, la quiche aux plantes sauvages attire la curiosité des gourmands et ravie leurs papilles. À bientôt pour une nouvelle recette aux ambiances sauvageonnes ou potagères!
Cueillette dans les bois et tarte salée aux aspergettes et aux orties
dimanche 16 juillet 2017
Le temps passe à une vitesse folle, voilà plus de deux saisons que je n'ai pas écrit par ici, pourtant j'aime toujours autant me munir d'un petit panier en osier et de sacs en coton pour partir à la recherche de plantes sauvages comestibles et médicinales, essayer de les reconnaître, apprendre quelques noms botaniques, les admirer, les voire évoluer au fil des saisons et puis les cuisiner évidemment. Pour ce retour par ici, je reste fidèle au thème wild food avec une petite cueillette et recette à base d'asperges des bois. Premièrement, pour éviter toute confusion, l'asperge des bois n'est pas botaniquement parlant une asperge, même si elle de la même famille (Asparagacées) elle n'est pas du même genre (Ornithogalum versus Asparagus) que les asperges cultivées blanches ou vertes que l'on retrouve sur les étals du (super)marché ni avec les asperges sauvages que je cueillais en Provence (famille des Asparagacées). L'asperge des bois doit son nom seulement à sa forme proche de celle de l'asperge, on l'appelle également aspergette et son petit nom latin est Ornithogalum pyrenaicum de la famille Liliacées. L'aspergette pousse dans les prairies, les sous-bois et les clairières durant les mois de mai et juin dans presque toute la France. C'est d'ailleurs par hasard que je suis tombée sur la première pousse lors d'une promenade en forêt, sur un petit chemin un peu plus aéré et ensoleillé. Ensuite, la chasse à l'asperge a continué dans les bois, une par ci une par là au début puis ensuite un sol riche et frais parsemé par des centaines d'asperges, la folie m'a gagné... et mon panier s'est rempli! Mais attention, j'ai lu ensuite que l'ornithogale des Pyrénées est une espèce protégée dans le Nord-Pas-de-Calais, en Alsace, Aquitaine, Haute-Normandie et Picardie alors attention la cueillette y est interdite pour éviter qu'elle ne disparaisse de certaines régions, car ce sont en fait les épis floraux qu'on consomme, avant qu'ils ne fleurissent et donnent des graines afin de maintenir leur population et favoriser leur propagation. Pour les autres régions, je vous conseille la cueillette de l'aspergette on peut difficilement se tromper durant la cueillette et elle est délicieuse dans l'assiette, à peine blanchie et bien croquante, au goût subtil proche du petit pois, elle se déguste en salade, dans des pâtes ou bon un risotto, les possibilités sont nombreuses et c'est une recette de tarte salée que je vous propose aujourd'hui avec du fromage de chèvre et une autre plante sauvage et hautement médicinale du printemps, l'ortie, très riche en fer. Je vous livre la recette savoureuse et très facile pour commencer à cuisiner les plantes sauvages.
Quiche aux asperges bois, orties et fromage de chèvre
Pâte à tarte brisée à l'ortie
- 220 grammes de farine de blé complet
- 1 demie cuillère à café de sel marin
- 3 cuillères à café de poudre d'ortie (orties séchées et pillées au mortier ou dans les épiceries bio)
- 5 cl d'huile d'olive
- 10 cl d'eau
- une petite poignée de graines de lin
- un petit oignon
La veille au soir ou quelques heures avant la cuisson, mélanger la farine, le sel et la poudre d'ortie dans un grand saladier. Ajouter petit à petit l'huile d'olive en mélangeant bien. Ajouter de l'eau au fur et à mesure en mélangeant bien avec une une cuillère en bois ou encore mieux avec les doigts. En fonction de la farine, on peut mettre plus ou moins d'eau, ne pas mettre forcément toute l'eau et arrêter lorsque la pâte a la texture idéale, ni trop sèche, ni trop collante. Pétrir la pâte et former une boule. Recouvrir d'un torchon propre et laisser reposer quelques heures ou tout une nuit.
Appareil à quiche
- 400 grammes de fromage blanc au lait de brebis
- 3 oeufs
- une buche de fromage de chèvre
- une belle botte d'asperges des bois
- un oignon
- une petite poignée de graines de lin
- sel marin, poivre noir
Le lendemain, pétrir rapidement la pâte, l'étaler à l'aide d'un rouleau pâtissier, la disposer dans un moule à tarte préalablement huilé et fariné. Parsemer la pâte de graines de lin. La trouer à l'aide d'une fourchette. Hacher l'oignon et répartir sur la pâte brisée. La faire cuire à blanc pendant 10 minutes dans un four préchauffé à 180 degrés.
Laver les asperges des bois dans une eau légèrement vinaigrée. Les blanchir 2 minutes dans de l'eau bouillante salée, égoutter et les plonger dans de l'eau bien froide.
Dans un saladier mélanger le fromage blanc, les oeufs, le sel, le poivre. Couper la bûche de fromage de chèvre en fine rondelle, répartir sur la pâte à tarte, ajouter l'appareil puis les aspergettes et un peu de fromage de chèvre. Enfourner la tarte salée pendant 40 minutes.
L'odeur de la cuisson met l'eau à la bouche, la tarte salée aux asperges des bois et aux orties se déguste aussi bien chaude en sortant du four ou froide lors d'un piquenique, elle garde son croustillant. Cette recette permet de faire découvrir deux plantes sauvages et comestibles de la forêt, l'aspergette et l'ortie, la quiche aux plantes sauvages attire la curiosité des gourmands et ravie leurs papilles. À bientôt pour une nouvelle recette aux ambiances sauvageonnes ou potagères!
En Provence, l'été et ses quarante degrés ne font pas dans la légèreté, les cigales chantent à tue-tête, les siestes sont devenues irrésistibles, les melons s'étalent au marché et la mer envahit nos pensées. Bon, je crois que je parle un peu trop météo et changement de saison par ici… enfin tout ça pour dire qu'on a bien envie de se désaltérer et quoi de mieux qu'un bon lassi pour ça ? Si cela sonne un peu trop exotique, je vous explique : c'est une boisson lactée et sucrée typiquement indienne, on s'était réchauffé avec un chaï épicé l'hiver dernier et à l'inverse, le lassi a pour objectif de nous refroidir. Outre le fait qu'il soit servi très frais, parfois avec des glaçons, c'est le yaourt au lait de vache qui apaise le feu dans la bouche après un curry un peu trop pimenté (tout est question d'équilibre en Inde). Aujourd'hui, je vous propose une version vegan, sans lactose, pour une boisson plus légère et digeste. J'ai remplacé le yaourt par du lait de riz et du lait de coco pour la touche gourmande et exotique. Mon lassi préféré est celui à la mangue, fruit adoré depuis ma tendre enfance, mais cette-fois-ci j'ai voulu privilégier un ingrédient plus local, le coquelicot, pour une boisson florale, végétale et rafraîchissante. Oui, oui, oui, le coquelicot est comestible et c'est même très très bon pour nos voies respiratoires, en cas de maux de gorge, d'asthme, une petite cuillère de sirop et on est prêt pour chanter de l'opéra! On le retrouve de mai à juillet parsemant ou inondant carrément les champs de blés non traités et les prairies d'un joli rouge, attrapez votre panier tressé, n'oubliez pas votre chapeau de paille, et cette fois-ci, pas besoin de se charger avec un livre de botanique, il n'y a pas de cueillette plus facile, on repère ces fleurs sauvages de loin. Soyons patients, il faudra remplir notre panier des jusqu'en haut pour faire une petite bouteille de sirop, mais quel plaisir de découvrir toutes les petites bêtes qui se cachent, protégées par les délicates pétales du coquelicot. Ensuite, direction la cuisine-pharmacie, pour concocter ce sirop de coquelicot en deux temps, trois mouvements.
Sirop de coquelicot
- 250 g de pétales toute fraiches de coquelicot
- 300 g de sucre roux
- 250 ml d'eau
Porter les pétales et l'eau à ébullition, éteindre le feu et laisser infuser 30 minutes. Filtrer et ajouter le sucre puis porter à faible ébullition et laisser cuire à feu doux jusqu'à obtenir une texture épaisse... comme un sirop. À conserver dans une bouteille en verre préalablement stérilisée. À conserver au réfrigérateur, une fois la bouteille ouverte. Ce sirop est efficace en en cas de gorge irritée ou de toux.
Lassi végétal et floral
- 1/2 verre de sirop de coquelicot
- 1 verre de lait de coco
- 3 verres de lait de riz
Verser les trois ingrédients ultra frais dans le blender, mix, smooth, enjoy ! Une boisson originale, surprenante (dans le bon sens, je trouve) à siroter avec une paille et un bon bouquin ou au bord d'une piscine pour fêter les vacances avec ses amis.
J'espère que cette boisson végétale inspirée du fameux lassi à l'eau de rose vous apporte ra un peu de fraicheur, que ces bavardages autour des cueillettes sauvages ne vous ennuient pas trop et que je ne vous effraie pas avec ce côté « potion magique»… c'est vrai que ces derniers articles s'éloignent des « food portraits » que j'aime tant, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. En tout cas, je reviens bientôt par ici avec une blogueuse que j'adore.. dans sa cuisine!
Frais et floral, lassi au coquelicot
jeudi 21 juillet 2016
En Provence, l'été et ses quarante degrés ne font pas dans la légèreté, les cigales chantent à tue-tête, les siestes sont devenues irrésistibles, les melons s'étalent au marché et la mer envahit nos pensées. Bon, je crois que je parle un peu trop météo et changement de saison par ici… enfin tout ça pour dire qu'on a bien envie de se désaltérer et quoi de mieux qu'un bon lassi pour ça ? Si cela sonne un peu trop exotique, je vous explique : c'est une boisson lactée et sucrée typiquement indienne, on s'était réchauffé avec un chaï épicé l'hiver dernier et à l'inverse, le lassi a pour objectif de nous refroidir. Outre le fait qu'il soit servi très frais, parfois avec des glaçons, c'est le yaourt au lait de vache qui apaise le feu dans la bouche après un curry un peu trop pimenté (tout est question d'équilibre en Inde). Aujourd'hui, je vous propose une version vegan, sans lactose, pour une boisson plus légère et digeste. J'ai remplacé le yaourt par du lait de riz et du lait de coco pour la touche gourmande et exotique. Mon lassi préféré est celui à la mangue, fruit adoré depuis ma tendre enfance, mais cette-fois-ci j'ai voulu privilégier un ingrédient plus local, le coquelicot, pour une boisson florale, végétale et rafraîchissante. Oui, oui, oui, le coquelicot est comestible et c'est même très très bon pour nos voies respiratoires, en cas de maux de gorge, d'asthme, une petite cuillère de sirop et on est prêt pour chanter de l'opéra! On le retrouve de mai à juillet parsemant ou inondant carrément les champs de blés non traités et les prairies d'un joli rouge, attrapez votre panier tressé, n'oubliez pas votre chapeau de paille, et cette fois-ci, pas besoin de se charger avec un livre de botanique, il n'y a pas de cueillette plus facile, on repère ces fleurs sauvages de loin. Soyons patients, il faudra remplir notre panier des jusqu'en haut pour faire une petite bouteille de sirop, mais quel plaisir de découvrir toutes les petites bêtes qui se cachent, protégées par les délicates pétales du coquelicot. Ensuite, direction la cuisine-pharmacie, pour concocter ce sirop de coquelicot en deux temps, trois mouvements.
Sirop de coquelicot
- 250 g de pétales toute fraiches de coquelicot
- 300 g de sucre roux
- 250 ml d'eau
Porter les pétales et l'eau à ébullition, éteindre le feu et laisser infuser 30 minutes. Filtrer et ajouter le sucre puis porter à faible ébullition et laisser cuire à feu doux jusqu'à obtenir une texture épaisse... comme un sirop. À conserver dans une bouteille en verre préalablement stérilisée. À conserver au réfrigérateur, une fois la bouteille ouverte. Ce sirop est efficace en en cas de gorge irritée ou de toux.
Lassi végétal et floral
- 1/2 verre de sirop de coquelicot
- 1 verre de lait de coco
- 3 verres de lait de riz
Verser les trois ingrédients ultra frais dans le blender, mix, smooth, enjoy ! Une boisson originale, surprenante (dans le bon sens, je trouve) à siroter avec une paille et un bon bouquin ou au bord d'une piscine pour fêter les vacances avec ses amis.
J'espère que cette boisson végétale inspirée du fameux lassi à l'eau de rose vous apporte ra un peu de fraicheur, que ces bavardages autour des cueillettes sauvages ne vous ennuient pas trop et que je ne vous effraie pas avec ce côté « potion magique»… c'est vrai que ces derniers articles s'éloignent des « food portraits » que j'aime tant, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. En tout cas, je reviens bientôt par ici avec une blogueuse que j'adore.. dans sa cuisine!
Madeleine à bicyclette a un an, un mois, quelques semaines et quelques jours. Au parc du palais impérial de Kyoto, assise seule au milieu des cerisiers fleuris, de familles, collègues et touristes célébrant hanami, j'écrivais le premier article de ce blog. Il y a presque deux ans, je rencontrais Yehosua qui m'a gentiment concocté un plat mexicain épicé avec un sourire aussi éclatant que le soleil de Barcelone. Et puis, Madeleine à bicyclette me trotte dans la tête depuis bien plus longtemps. Vous l'avez compris, je suis très lente pour réaliser les (quelques) idées (des milliers) qui me traversent l'esprit. J'aime la slow food (et je mange lentement pour le plus grand plaisir de mes proches hahaha) et la slow life de manière générale. J'adorerai rencontrer plus souvent de nouvelles personnes, de nouveaux pays, de nouvelles spécialités culinaires mais je suis une tortue (pédalant à toute allure sur sa bicyclette) qui aime rêver et se promener (et puis manger mais ça, vous le saviez déjà). J'ai troqué ma Lorraine natale pour la belle région provençale jusqu'à l'automne et me voici entre les vignes et la garrigue sans connexion internet, ce qui n'accélérera pas mon tissage sur la toile. Je m'excuse pour ces silences prolongés sur cet espace de partage, pourtant les cueillettes sauvages et les expériences en cuisine n'ont jamais été aussi fréquentes. En tout cas, j'éprouve toujours un immense plaisir à recevoir vos petits mots et les photos des recettes essayées par certaines d'entre vous (hého, est-ce qu'il y a des mecs par ici?). D'ailleurs, il est temps de vous livrer une recette avec du chardon-Marie. Un nom peu appétissant et un aspect plutôt repoussant. Malgré ses nombreuses épines, il a très bon goût et veut tout notre bien. On le consomme au printemps pour nettoyer son foie après la nourriture riche de l'hiver. Cette fois-ci, c'est une transition en douceur car sous son apparence aérienne, ce plat n'est pas des plus légers . Alors avant de nous mettre à table, allons nous dégourdir les jambes, munis d'une paire de ciseaux, de gants (pour les mains délicates) et d'un panier en osier.
La cueillette sauvage peut paraître très compliquée ou même dangereuse pour des citadins comme moi. Certains la considère comme arriérée car oui après tout « à quoi bon aller chercher des trucs verts et bizarres dans les bois quand on peut manger des grosses tomates bien rondes et brillantes (au goût subtilement discret) durant toute l'année? », justement pour respecter la nature et les saisons, pour manger des aliments savoureux et gorgés de bons nutriments, et bien sûr pour le plaisir de découvrir une nouvelle plante, de la sentir, de la cueillir, de la préparer, de la déguster. La cueillette est accessible à tous, elle nous offre le meilleur et ça n'a littéralement pas de prix, mon tout petit porte-monnaie qui me dit merci. Les grands chefs étoilés cuisinent les mauvaises herbes très très bonnes tout comme nos ancêtres les cueilleurs chasseurs. La cueillette nous rassemble quel que soit notre génération ou notre classe sociale autour de ce que nous offre spontanément la Nature sans l'action des Hommes. Bon, tout ça pour dire que la cueillette de plantes sauvages comestibles et médicinales est bien plus simple que l'on ne pourrait penser et c'est une « fille de la ville » qui a grandi bien loin du monde botanique qui le dit. Il suffit de quelques bouquins, de patience et de régularité, d'explorer, d'observer, de goûter, de vérifier, de retourner… J'y vais pas à pas, doucement et (plus ou moins) sûrement comme un escargot (forever) appréciant la verdure et la fraîcheur. Justement, le chardon Marie, gorgé d'eau, vert marbré d'un blanc laiteux (il paraît que ce serait le lait de la Vierge comme son nom l'indique) est le meilleur allié pour nettoyer et renforcer le foie et pour combattre les troubles digestifs tels que le la dyspepsie. L'espèce est abondante dans les rocailles de la région méditerranéenne et fleurit également dans les terrains incultes plus au nord de l'Europe. On cueille ses feuilles encore jeunes et tendres vers avril ou mai avant que le chardon ne monte en fleur rose et piquante. Une plante qu'on retrouve dans les herboristeries, les pharmacies mais aussi dans l'assiette. Un peu comme les églantines (recette de confiture et tisane par ici, soupe suédoise par là), il faut prendre le chardon-Marie avec des pincettes et découper son contour épineux à l'aide de ciseaux, ensuite celui-ci est beaucoup plus docile et ne fera pas de mal à une mouche. Je l'ai apprivoisé dans un cake curcuma chardon-Marie fromage de brebis et ensuite je l'ai accommodé avec du parmesan et il a bien gonflé comme un soufflé, voici la recette.
Soufflé au chardon-Marie et parmesan
- 80 g de chardon-Marie
- 45 g de beurre
- 30 cl de lait
- 3 oeufs
- 20 g de parmesan
- ciboulette
- sel marin
- poivre au moulin
Laisser tiédir les ingrédients. Découper le contour épineux des feuilles de chardon-Marie, les laver et les cuire à la vapeur pendant 5 minutes. Fouetter le beurre fondu avec la farine tamisée, ajouter le lait et continuer de fouetter. Séparer les jaunes des blancs d'oeufs et les ajouter au mélange. Hacher le chardon-Marie et la ciboulette, râper le parmesan avant de les rajouter au mélange. Saler et poivrer légèrement. Battre les blancs en neige et les incorporer délicatement à la préparation, tout en aérant le mélange. Verser la préparation dans des petits ramequins beurrés, en les remplissant d'un tiers. Enfourner dans un four préchauffé à 175°C pendant 20 à 30 minutes. Les sortir bien gonflés et légèrement dorés, à déguster avec une salade par exemple (vive la vie en vert!).
Chardon-Marie et soufflé printanier
samedi 28 mai 2016
Madeleine à bicyclette a un an, un mois, quelques semaines et quelques jours. Au parc du palais impérial de Kyoto, assise seule au milieu des cerisiers fleuris, de familles, collègues et touristes célébrant hanami, j'écrivais le premier article de ce blog. Il y a presque deux ans, je rencontrais Yehosua qui m'a gentiment concocté un plat mexicain épicé avec un sourire aussi éclatant que le soleil de Barcelone. Et puis, Madeleine à bicyclette me trotte dans la tête depuis bien plus longtemps. Vous l'avez compris, je suis très lente pour réaliser les (quelques) idées (des milliers) qui me traversent l'esprit. J'aime la slow food (et je mange lentement pour le plus grand plaisir de mes proches hahaha) et la slow life de manière générale. J'adorerai rencontrer plus souvent de nouvelles personnes, de nouveaux pays, de nouvelles spécialités culinaires mais je suis une tortue (pédalant à toute allure sur sa bicyclette) qui aime rêver et se promener (et puis manger mais ça, vous le saviez déjà). J'ai troqué ma Lorraine natale pour la belle région provençale jusqu'à l'automne et me voici entre les vignes et la garrigue sans connexion internet, ce qui n'accélérera pas mon tissage sur la toile. Je m'excuse pour ces silences prolongés sur cet espace de partage, pourtant les cueillettes sauvages et les expériences en cuisine n'ont jamais été aussi fréquentes. En tout cas, j'éprouve toujours un immense plaisir à recevoir vos petits mots et les photos des recettes essayées par certaines d'entre vous (hého, est-ce qu'il y a des mecs par ici?). D'ailleurs, il est temps de vous livrer une recette avec du chardon-Marie. Un nom peu appétissant et un aspect plutôt repoussant. Malgré ses nombreuses épines, il a très bon goût et veut tout notre bien. On le consomme au printemps pour nettoyer son foie après la nourriture riche de l'hiver. Cette fois-ci, c'est une transition en douceur car sous son apparence aérienne, ce plat n'est pas des plus légers . Alors avant de nous mettre à table, allons nous dégourdir les jambes, munis d'une paire de ciseaux, de gants (pour les mains délicates) et d'un panier en osier.
La cueillette sauvage peut paraître très compliquée ou même dangereuse pour des citadins comme moi. Certains la considère comme arriérée car oui après tout « à quoi bon aller chercher des trucs verts et bizarres dans les bois quand on peut manger des grosses tomates bien rondes et brillantes (au goût subtilement discret) durant toute l'année? », justement pour respecter la nature et les saisons, pour manger des aliments savoureux et gorgés de bons nutriments, et bien sûr pour le plaisir de découvrir une nouvelle plante, de la sentir, de la cueillir, de la préparer, de la déguster. La cueillette est accessible à tous, elle nous offre le meilleur et ça n'a littéralement pas de prix, mon tout petit porte-monnaie qui me dit merci. Les grands chefs étoilés cuisinent les mauvaises herbes très très bonnes tout comme nos ancêtres les cueilleurs chasseurs. La cueillette nous rassemble quel que soit notre génération ou notre classe sociale autour de ce que nous offre spontanément la Nature sans l'action des Hommes. Bon, tout ça pour dire que la cueillette de plantes sauvages comestibles et médicinales est bien plus simple que l'on ne pourrait penser et c'est une « fille de la ville » qui a grandi bien loin du monde botanique qui le dit. Il suffit de quelques bouquins, de patience et de régularité, d'explorer, d'observer, de goûter, de vérifier, de retourner… J'y vais pas à pas, doucement et (plus ou moins) sûrement comme un escargot (forever) appréciant la verdure et la fraîcheur. Justement, le chardon Marie, gorgé d'eau, vert marbré d'un blanc laiteux (il paraît que ce serait le lait de la Vierge comme son nom l'indique) est le meilleur allié pour nettoyer et renforcer le foie et pour combattre les troubles digestifs tels que le la dyspepsie. L'espèce est abondante dans les rocailles de la région méditerranéenne et fleurit également dans les terrains incultes plus au nord de l'Europe. On cueille ses feuilles encore jeunes et tendres vers avril ou mai avant que le chardon ne monte en fleur rose et piquante. Une plante qu'on retrouve dans les herboristeries, les pharmacies mais aussi dans l'assiette. Un peu comme les églantines (recette de confiture et tisane par ici, soupe suédoise par là), il faut prendre le chardon-Marie avec des pincettes et découper son contour épineux à l'aide de ciseaux, ensuite celui-ci est beaucoup plus docile et ne fera pas de mal à une mouche. Je l'ai apprivoisé dans un cake curcuma chardon-Marie fromage de brebis et ensuite je l'ai accommodé avec du parmesan et il a bien gonflé comme un soufflé, voici la recette.
Soufflé au chardon-Marie et parmesan
- 80 g de chardon-Marie
- 45 g de beurre
- 30 cl de lait
- 3 oeufs
- 20 g de parmesan
- ciboulette
- sel marin
- poivre au moulin
Laisser tiédir les ingrédients. Découper le contour épineux des feuilles de chardon-Marie, les laver et les cuire à la vapeur pendant 5 minutes. Fouetter le beurre fondu avec la farine tamisée, ajouter le lait et continuer de fouetter. Séparer les jaunes des blancs d'oeufs et les ajouter au mélange. Hacher le chardon-Marie et la ciboulette, râper le parmesan avant de les rajouter au mélange. Saler et poivrer légèrement. Battre les blancs en neige et les incorporer délicatement à la préparation, tout en aérant le mélange. Verser la préparation dans des petits ramequins beurrés, en les remplissant d'un tiers. Enfourner dans un four préchauffé à 175°C pendant 20 à 30 minutes. Les sortir bien gonflés et légèrement dorés, à déguster avec une salade par exemple (vive la vie en vert!).
Le printemps accompagné ses bourgeons, fleurs et feuilles pointent le bout de leur nez, la saison des truffes est déjà bien terminée, j'écris ce billet avec un demi-équinoxe de retard, mais dirons-nous que c'est un voyage dans le temps... Décembre dernier, pendant que tout le monde partait à la chasse aux cadeaux à déposer sous le sapin pailleté, c'est à la recherche de truffes grises auprès des chênes dénudés que je suis allée avec Gérard et Gribouille. Petites précisions, Gérard est un grand amateur et cueilleur de champignons et depuis quatre ans il s'est mis aux hypogés dont la réputation n'est plus à flaire faire. Au même moment, il a fait la connaissance de Gribouille, ce lagotto romagnolo au poil frisé qui a du chien et depuis c'est l'amour, le vrai. Leur relation est fusionnelle et c'était beau de les voir travailler ensemble dans leur quête commune de tuber uncinatum ou la truffe de Bourgogne. Cette dernière se trouve aussi dans ma région, la Lorraine, elle a une peau noire verruqueuse et sa chair est marbrée de gris. Plus elle est foncée, plus est elle est mature et goûtue, par contre sa taille influence son prix mais pas ses arômes. On la récolte d'octobre à janvier. Certains la cultivent, mais c'est sauvage qu'on l'a "cavé", vous savez que j'ai toujours un petit faible pour les plantes et champignons comestibles qui poussent spontanément en milieu naturel. La truffe grise aime les sols calcaires, en pente de préférence, apprécie la présence de divers amis comme le noisetier, l'hêtre, le charme et bien évidement le chêne, roi de la forêt avec qui elle noue des relations étroites et enrichissantes, l'un offrant sucres et vitamines au champignon qui donne en retour des minéraux à l'arbre. Symbiose parfaite. C'est donc sous terre, qu'on va aller la déterrer avant de la déguster. Enfin, je dis on mais c'est surtout le chien italien la truffe en alerte qui fait le travail sous les yeux encourageants de son maître. Parfois, Gribouille la fripouille aime se faire prier mais quand il a flairé le trésor enfoui, Gérard enjambe troncs et autres pièges de la forêt en courant pour récupérer le champignon intact, féliciter et câliner son fidèle compagnon. J'ai été très touchée par ces beaux moments de complicité.
Ce jour là, on a trouvé une quarantaine de truffes ici et là, j'en ai préparé quelques unes tout simplement pour profiter au mieux de ses arômes sans les altérer. J'ai donc cuisiné un écrasé de pommes de terre en suivant les précieux conseils de Gérard. Ça aurait été dommage de servir le plat froid aux invités, cette fois-ci, je n'ai aucune photo culinaire, juste un tout petit aperçu au moment de la préparation sur instagram. Mais croyez-moi, c'était bon, c'était même très très bon. Je suis nulle pour mettre des mots sur des saveurs mais les adjectifs "boisé" "terreux" "ni végétal, ni animal" et même "umami" me viennent à l'esprit. Sans aucun doute, cette truffe avait un goût suave et un caractère bien trempé. Un délice.
Écrasé de pommes de terre à la truffe
- pommes de terre
- truffes de Bourgogne
- beurre (1,5 fois le poids des truffes, par exemple si vous avez 30 grammes de truffes, utilisez 45 grammes de beurre)
- sel marin
Les truffes se conservent dans un sac en papier, dans le bac à légumes du frigo pendant une semaine maximum. La cuisson des truffes ne doit jamais excéder les 60°C.
Brosser, laver et sécher les truffes. Les couper en fines lamelles puis recouper ces lamelles en petits morceaux. Bien mélanger dans le beurre mou. Laisser infuser au moins 24 heures au frigo. Faire cuire les pommes de terre épluchées dans l'eau, les écraser à la fourchette, saler et ajouter le beurre truffé. Et puis, régalez-vous.
Cavage de la truffe avec Gérard et Gribouille
mercredi 23 mars 2016
Le printemps accompagné ses bourgeons, fleurs et feuilles pointent le bout de leur nez, la saison des truffes est déjà bien terminée, j'écris ce billet avec un demi-équinoxe de retard, mais dirons-nous que c'est un voyage dans le temps... Décembre dernier, pendant que tout le monde partait à la chasse aux cadeaux à déposer sous le sapin pailleté, c'est à la recherche de truffes grises auprès des chênes dénudés que je suis allée avec Gérard et Gribouille. Petites précisions, Gérard est un grand amateur et cueilleur de champignons et depuis quatre ans il s'est mis aux hypogés dont la réputation n'est plus à flaire faire. Au même moment, il a fait la connaissance de Gribouille, ce lagotto romagnolo au poil frisé qui a du chien et depuis c'est l'amour, le vrai. Leur relation est fusionnelle et c'était beau de les voir travailler ensemble dans leur quête commune de tuber uncinatum ou la truffe de Bourgogne. Cette dernière se trouve aussi dans ma région, la Lorraine, elle a une peau noire verruqueuse et sa chair est marbrée de gris. Plus elle est foncée, plus est elle est mature et goûtue, par contre sa taille influence son prix mais pas ses arômes. On la récolte d'octobre à janvier. Certains la cultivent, mais c'est sauvage qu'on l'a "cavé", vous savez que j'ai toujours un petit faible pour les plantes et champignons comestibles qui poussent spontanément en milieu naturel. La truffe grise aime les sols calcaires, en pente de préférence, apprécie la présence de divers amis comme le noisetier, l'hêtre, le charme et bien évidement le chêne, roi de la forêt avec qui elle noue des relations étroites et enrichissantes, l'un offrant sucres et vitamines au champignon qui donne en retour des minéraux à l'arbre. Symbiose parfaite. C'est donc sous terre, qu'on va aller la déterrer avant de la déguster. Enfin, je dis on mais c'est surtout le chien italien la truffe en alerte qui fait le travail sous les yeux encourageants de son maître. Parfois, Gribouille la fripouille aime se faire prier mais quand il a flairé le trésor enfoui, Gérard enjambe troncs et autres pièges de la forêt en courant pour récupérer le champignon intact, féliciter et câliner son fidèle compagnon. J'ai été très touchée par ces beaux moments de complicité.
Ce jour là, on a trouvé une quarantaine de truffes ici et là, j'en ai préparé quelques unes tout simplement pour profiter au mieux de ses arômes sans les altérer. J'ai donc cuisiné un écrasé de pommes de terre en suivant les précieux conseils de Gérard. Ça aurait été dommage de servir le plat froid aux invités, cette fois-ci, je n'ai aucune photo culinaire, juste un tout petit aperçu au moment de la préparation sur instagram. Mais croyez-moi, c'était bon, c'était même très très bon. Je suis nulle pour mettre des mots sur des saveurs mais les adjectifs "boisé" "terreux" "ni végétal, ni animal" et même "umami" me viennent à l'esprit. Sans aucun doute, cette truffe avait un goût suave et un caractère bien trempé. Un délice.
Écrasé de pommes de terre à la truffe
- pommes de terre
- truffes de Bourgogne
- beurre (1,5 fois le poids des truffes, par exemple si vous avez 30 grammes de truffes, utilisez 45 grammes de beurre)
- sel marin
Les truffes se conservent dans un sac en papier, dans le bac à légumes du frigo pendant une semaine maximum. La cuisson des truffes ne doit jamais excéder les 60°C.
Brosser, laver et sécher les truffes. Les couper en fines lamelles puis recouper ces lamelles en petits morceaux. Bien mélanger dans le beurre mou. Laisser infuser au moins 24 heures au frigo. Faire cuire les pommes de terre épluchées dans l'eau, les écraser à la fourchette, saler et ajouter le beurre truffé. Et puis, régalez-vous.
Je me souviens encore très bien de la première fois que j'ai siroté un chaï, le thé indien au lait. Chaleureusement épicé et en même temps doux et onctueux, sucré et légèrement piquant, finalement ce chaï tea me rappelait plus la sensation (je dis bien sensation car le goût est totalement différent évidemment) d'un chocolat chaud que l'un des thés verts, blancs ou même noirs que j'avais pu goûté auparavant. J'avais 15 ans, c'était au bord de la mer, à un festival de rock progressif avec mon père (non ce n'était pas une rave party entre amis, j'étais très sage à l'époque) (je le suis toujours d'ailleurs) amoureux de l'Inde qui m'a initié à ce thé (et non à la bière) (trop rebelle l'ado). Voilà, j'aurai préféré vous faire rêver et vous dire que c'était en Inde pour apprendre le yoga et où j'étais la plus cool des surfeuses entourée de beaux et mystérieux hindous mais... ça devait être dans une autre vie! La loi du karma... J'ai quand même voyagé pas très loin, au Sri Lanka où l'Ayurveda, la médecine holistique traditionnelle d'origine indienne est également très pratiquée. D'ailleurs, une amie danoise et sri-lankaise m'a dit que dans la cuisine, on choisit telle épice pas spécialement pour son goût mais plutôt pour ses bienfaits thérapeutiques. Finalement, le chaï, très apprécié dans l'Inde du Sud, est aussi bon pour le palais que pour le corps et l'esprit. D'ailleurs, exceptionnellement les photos de voyage accompagnant le thé fumant ne sont pas de moi mais de mon papa, capturées ici et là en terre indienne. On voyage le temps d'une recette pour explorer ces épices ayurvédiques.
Commençons par le gingembre, bien connu de tous, tant pour ses atouts gustatifs que thérapeutiques. Il est aussi réputé que consommé dans toute l'Asie, notamment dans la tradition ayurvédique. En Occident, on retient surtout ses fameuses propriétés aphrodisiaques. L'ingrédient parfait pour s'envoyer en l'air est doté d'un effet antiémétique (limite les nausées et les vomissements) et sera votre meilleur allié contre le mal de transport, de mer ou de l'air (comment ça, vous aviez une image beaucoup plus sexy en tête?). Il est aussi antioxydant, anti-inflammatoire, antidouleurs, il favorise la digestion (contre les gaz intestinaux, ballonnements et les coliques) (sexy, on disait) et est très efficace contre les crampes menstruelles. Et je pense que je ne suis pas la seule ici à faire une bonne décoction de gingembre dès que la fatigue se ressent ou qu'un rhume pointe le bout de son nez car ce super aliment stimule le système immunitaire, tonifie et fortifie l'organisme et réchauffe le corps (tiens, tiens). Et pour la petite anecdote, lors de mon baptême de l'air en planeur, le fait de mâchouiller un bout de gingembre frais m'a permis de profiter sereinement de la vue vertigineuse sur des dizaines de lacs, des forêts immenses, la mer au loin et même de piloter comme une pro (dixit la fille qui panique au volant d'une voiture).
On a déjà parlé de la cannelle de Ceylan ici, j'insiste sur le fait qu'elle soit antiseptique, antivirale, antifongique, ce qui fait d'elle un aliment de choix avant le printemps, pile au moment où on a envie de se réchauffer avec un bon chaï latte.
Un autre condiment au goût très parfumé et sucré, la cardamome verte de la même famille que le gingembre et le curcuma (dont on parlera dans un prochain article) est considérée comme l'une des meilleures aides digestives dans l'Ayurveda. On l'utilise depuis des millénaires pour soigner les aigreurs gastriques, la mauvaise haleine, les flatulences, l'aérophagie, les coliques, les indigestions et les troubles respiratoires (asthmes et bronchites). Rien que ça. Et puis avec son goût suave, la cardamome stimule l'esprit et a des effets euphorisants.
Plus poivré, le clou de girofle, puissant antiseptique, remplace très bien notre thym local dans une bonne tisane lorsqu'on a attrapé froid. Il est anti-inflammatoire, antispasmodique, antifongique et même anesthésiant local. En effet, en cas de rage de dents, il sera votre meilleur allié. Le girofle lutte contre l'halitose et désinfecte les plaies. Efficace en cas d'infections urinaires, de calculs rénaux ou de troubles digestifs comme l'aérophagie. Un ingrédient peu onéreux à garder bien au sec dans les placards de sa cuisine-pharmacie.
On finit avec une plante toujours originaire d'Asie mais qui cette fois-ci pousse aussi très bien chez nous, la badiane ou anis étoilé, à ne pas confondre avec l'anis vert. Elle n'est pas ancrée dans la tradition ayurvédique mais très présente dans la médecine chinoise, je l'ajoute tout de même à ma recette de thé indien épicé et revisité. Son goût anisé apporte un peu de fraicheur au thé noir et aux épices plus chaudes. La badiane est particulièrement reconnue pour ses propriétés stimulantes et carminatives, conseillée en cas de ballonnements et de digestions difficiles. Il régule aussi les troubles de la tension artérielle et des pulsations cardiaques. La badiane est utilisée dans la pharmacopée occidentale pour obtenir un acide shikimique (j'y comprends pas grand chose mais le mot est mignon) qui sera ensuite transformé plusieurs fois pour obtenir une molécule active d'un médicament antigrippal (merci wiki).
Maintenant que vous avez sagement étudié les lunettes sur le nez, attrapez votre mortier et enfilez un tablier, je vous livre la recette de ce délicieux chaï, thé indien aux épices médicinales.
Chaï tea (pour 3 tasses)
- 10 graines de cardamome verte
- 7 clous de girofle
- 2 anis étoilés
- 1 bâton de cannelle
- 1 ou 2 cuillères à café de gingembre en poudre (ou 3 rondelles de gingembre frais... ça sera encore meilleur)
- 2 cuillères à café de thé noir
- 1 cuillère à soupe de miel (ou de sucre de coco)
- 1 tasse d'eau
- 2 tasses de lait (d'amandes, de coco ou de vache)
Préférez toujours les épices entières à celles réduites en poudre car les premières conservent bien mieux leurs propriétés médicinales. Traditionnellement, le chaï est fait avec du lait de vache mais vous pouvez tout aussi bien utiliser un lait végétal riche comme l'amande ou la noix de coco car dans l'Ayurveda, la matière grasse (le bon gras bien sûr) permet de bénéficier au mieux des vertus des plantes médicinales. Tout au long de la recette, veuillez à bien couvrir la casserole d'un couvercle pour éviter que les principes actifs ne s'échappent. Si vous optez pour la version frappée en été, vous vous régalerez tout en vous hydratant mais les bienfaits des plantes seront moins efficaces.
Commencez par écraser grossièrement toutes les épices au mortier. Faites bouillir l'eau et les épices à feu moyen pendant 10 minutes. À feu doux, ajoutez le thé noir puis le lait (préalablement chauffé à côté, c'est encore mieux), laissez infuser encore 5 bonnes minutes tout en veillant à ce que le lait ne déborde pas. Ajoutez le miel ou le sucre. Filtrez et servez bien chaud... ou très froid avec des glaçons en été, pour un chaï frappé.
Mieux qu'une simple pause café, c'est un vrai moment pour se faire du bien. Namasté!
Chaï tea et épices ayurvédiques
samedi 27 février 2016
Je me souviens encore très bien de la première fois que j'ai siroté un chaï, le thé indien au lait. Chaleureusement épicé et en même temps doux et onctueux, sucré et légèrement piquant, finalement ce chaï tea me rappelait plus la sensation (je dis bien sensation car le goût est totalement différent évidemment) d'un chocolat chaud que l'un des thés verts, blancs ou même noirs que j'avais pu goûté auparavant. J'avais 15 ans, c'était au bord de la mer, à un festival de rock progressif avec mon père (non ce n'était pas une rave party entre amis, j'étais très sage à l'époque) (je le suis toujours d'ailleurs) amoureux de l'Inde qui m'a initié à ce thé (et non à la bière) (trop rebelle l'ado). Voilà, j'aurai préféré vous faire rêver et vous dire que c'était en Inde pour apprendre le yoga et où j'étais la plus cool des surfeuses entourée de beaux et mystérieux hindous mais... ça devait être dans une autre vie! La loi du karma... J'ai quand même voyagé pas très loin, au Sri Lanka où l'Ayurveda, la médecine holistique traditionnelle d'origine indienne est également très pratiquée. D'ailleurs, une amie danoise et sri-lankaise m'a dit que dans la cuisine, on choisit telle épice pas spécialement pour son goût mais plutôt pour ses bienfaits thérapeutiques. Finalement, le chaï, très apprécié dans l'Inde du Sud, est aussi bon pour le palais que pour le corps et l'esprit. D'ailleurs, exceptionnellement les photos de voyage accompagnant le thé fumant ne sont pas de moi mais de mon papa, capturées ici et là en terre indienne. On voyage le temps d'une recette pour explorer ces épices ayurvédiques.
Commençons par le gingembre, bien connu de tous, tant pour ses atouts gustatifs que thérapeutiques. Il est aussi réputé que consommé dans toute l'Asie, notamment dans la tradition ayurvédique. En Occident, on retient surtout ses fameuses propriétés aphrodisiaques. L'ingrédient parfait pour s'envoyer en l'air est doté d'un effet antiémétique (limite les nausées et les vomissements) et sera votre meilleur allié contre le mal de transport, de mer ou de l'air (comment ça, vous aviez une image beaucoup plus sexy en tête?). Il est aussi antioxydant, anti-inflammatoire, antidouleurs, il favorise la digestion (contre les gaz intestinaux, ballonnements et les coliques) (sexy, on disait) et est très efficace contre les crampes menstruelles. Et je pense que je ne suis pas la seule ici à faire une bonne décoction de gingembre dès que la fatigue se ressent ou qu'un rhume pointe le bout de son nez car ce super aliment stimule le système immunitaire, tonifie et fortifie l'organisme et réchauffe le corps (tiens, tiens). Et pour la petite anecdote, lors de mon baptême de l'air en planeur, le fait de mâchouiller un bout de gingembre frais m'a permis de profiter sereinement de la vue vertigineuse sur des dizaines de lacs, des forêts immenses, la mer au loin et même de piloter comme une pro (dixit la fille qui panique au volant d'une voiture).
On a déjà parlé de la cannelle de Ceylan ici, j'insiste sur le fait qu'elle soit antiseptique, antivirale, antifongique, ce qui fait d'elle un aliment de choix avant le printemps, pile au moment où on a envie de se réchauffer avec un bon chaï latte.
Un autre condiment au goût très parfumé et sucré, la cardamome verte de la même famille que le gingembre et le curcuma (dont on parlera dans un prochain article) est considérée comme l'une des meilleures aides digestives dans l'Ayurveda. On l'utilise depuis des millénaires pour soigner les aigreurs gastriques, la mauvaise haleine, les flatulences, l'aérophagie, les coliques, les indigestions et les troubles respiratoires (asthmes et bronchites). Rien que ça. Et puis avec son goût suave, la cardamome stimule l'esprit et a des effets euphorisants.
Plus poivré, le clou de girofle, puissant antiseptique, remplace très bien notre thym local dans une bonne tisane lorsqu'on a attrapé froid. Il est anti-inflammatoire, antispasmodique, antifongique et même anesthésiant local. En effet, en cas de rage de dents, il sera votre meilleur allié. Le girofle lutte contre l'halitose et désinfecte les plaies. Efficace en cas d'infections urinaires, de calculs rénaux ou de troubles digestifs comme l'aérophagie. Un ingrédient peu onéreux à garder bien au sec dans les placards de sa cuisine-pharmacie.
On finit avec une plante toujours originaire d'Asie mais qui cette fois-ci pousse aussi très bien chez nous, la badiane ou anis étoilé, à ne pas confondre avec l'anis vert. Elle n'est pas ancrée dans la tradition ayurvédique mais très présente dans la médecine chinoise, je l'ajoute tout de même à ma recette de thé indien épicé et revisité. Son goût anisé apporte un peu de fraicheur au thé noir et aux épices plus chaudes. La badiane est particulièrement reconnue pour ses propriétés stimulantes et carminatives, conseillée en cas de ballonnements et de digestions difficiles. Il régule aussi les troubles de la tension artérielle et des pulsations cardiaques. La badiane est utilisée dans la pharmacopée occidentale pour obtenir un acide shikimique (j'y comprends pas grand chose mais le mot est mignon) qui sera ensuite transformé plusieurs fois pour obtenir une molécule active d'un médicament antigrippal (merci wiki).
Maintenant que vous avez sagement étudié les lunettes sur le nez, attrapez votre mortier et enfilez un tablier, je vous livre la recette de ce délicieux chaï, thé indien aux épices médicinales.
Chaï tea (pour 3 tasses)
- 10 graines de cardamome verte
- 7 clous de girofle
- 2 anis étoilés
- 1 bâton de cannelle
- 1 ou 2 cuillères à café de gingembre en poudre (ou 3 rondelles de gingembre frais... ça sera encore meilleur)
- 2 cuillères à café de thé noir
- 1 cuillère à soupe de miel (ou de sucre de coco)
- 1 tasse d'eau
- 2 tasses de lait (d'amandes, de coco ou de vache)
Préférez toujours les épices entières à celles réduites en poudre car les premières conservent bien mieux leurs propriétés médicinales. Traditionnellement, le chaï est fait avec du lait de vache mais vous pouvez tout aussi bien utiliser un lait végétal riche comme l'amande ou la noix de coco car dans l'Ayurveda, la matière grasse (le bon gras bien sûr) permet de bénéficier au mieux des vertus des plantes médicinales. Tout au long de la recette, veuillez à bien couvrir la casserole d'un couvercle pour éviter que les principes actifs ne s'échappent. Si vous optez pour la version frappée en été, vous vous régalerez tout en vous hydratant mais les bienfaits des plantes seront moins efficaces.
Commencez par écraser grossièrement toutes les épices au mortier. Faites bouillir l'eau et les épices à feu moyen pendant 10 minutes. À feu doux, ajoutez le thé noir puis le lait (préalablement chauffé à côté, c'est encore mieux), laissez infuser encore 5 bonnes minutes tout en veillant à ce que le lait ne déborde pas. Ajoutez le miel ou le sucre. Filtrez et servez bien chaud... ou très froid avec des glaçons en été, pour un chaï frappé.
Mieux qu'une simple pause café, c'est un vrai moment pour se faire du bien. Namasté!
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